Rigoletto à Bastille : Verdi dans la peau

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"Rigoletto" de Verdi est à l'opéra Bastille et il y'a des soirs comme ça où tout est parfait, c'est un triomphe.

C’est d'autant plus plaisant qu'on découvre des talents qui n'étaient pas encore passés par chez nous. Si le chef italien Nicola Luisotti avait déjà imposé sa maitrise de Verdi à Bastille, son infinie souplesse s'accorde à merveille avec la mise en scène de Claus Guth, enfin présenté à Paris. L'allemand place la tragédie du bouffon Rigoletto et de sa fille Gilda qu'il sur couve après la mort de sa femme, dans un univers contemporain et dénudé: sur scène une immense boite en carton, symbole de la déchéance qui attend Rigoletto, mais sublimée par des jeux de lumières et une direction d'acteur digne d'un chorégraphe. Claus Guth dédouble les personnages principaux, un comédien joue Rigoletto clochardisé à côté du puissant baryton hawaïen Quin Kelsey et Gilda, que son père traite comme une poupée dans une boîte à musique est entourée de danseuses plus jeunes, Claus Guth sert Verdi avec simplicité et élégance.

"comme la plume au vent la femme est changeante", chante le libertin Duc de Mantoue...

Le ténor américain Michael Fabiano est le duc qui brise le cœur de Gilda, divinement interprétée par la russe Olga Peretyatko, enfin sur scène à Paris, la soprano au timbre cristallin a fait chavirer Bastille par sa maîtrise musicale et théâtrale. Quand orchestre, chœur, chanteurs et mise en scène vont dans le même sens, il n’y a plus qu’à se laisser porter. Le mérite de Claus Guth est d’opter pour une épure qui permet à la musique d’exprimer une palette infinie d’émotions. Loin des mises en scène surchargées, cette production à fleur de peau offre un théâtre subtil, où sans emphase les corps occupent l’espace dans un présent tragique.

"Rigoletto" de Verdi à l'opéra Bastille jusqu'au 30 mai.

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