L’Iran des proxénètes selon Chahdortt Djavann

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Le dernier roman de l'Iranienne vivant en France Chahdortt Djavann est un livre coup de poing : dans "Les putes voilées n'iront jamais au paradis !", chez Grasset, elle dénonce le sort réservé aux femmes en Iran, pays où la prostitution est partout.

Il y a Soudabeh et Zahra, deux gamines magnifiques, personnages fictifs, deux amies que la vie sépare, mais qui finiront dans le même enfer : celui de la prostitution. Et puis il y a des faits, avérés, que Chahdortt Djavann utilise pour dénoncer cette immense hypocrisie : au pays des mollahs, de la morale rigoriste sans compromis, la prostitution est une institution nationale.

L'auteur donne la parole à ces femmes, chacune a sa langue, ses désirs. C'est puissant, érotique, tragique et elle raconte aussi ces faits divers effrayants, où les prostituées sont retrouvées mortes étranglées avec leur tchador sur le bord de la route.

Et pendant ce temps, l’Iran renoue avec l’Occident

Cette realpolitik ulcère Chahdortt Djavann. "Vous êtes aveugles parce que vous le voulez bien", dit-elle. Avec ce roman, bouleversant, elle voudrait qu'on ouvre les yeux sur cet Iran prétendument en voie de modernisation. Il y a Téhéran et ses quartiers chics, sa jeunesse dorée, et puis il y a, dans tout le pays, des femmes qui n'ont d'autre issue que de se prostituer. "L’islamisme est le pire des régimes, dit-elle, il contrôle la vie intime de chacun".

"Les putes voilées n'iront jamais au paradis !" est un beau roman, où chaque personnage permet à l'auteur de déployer son style. Chahdortt Djavann est arrivée en France à l'âge de 26 ans sans parler un mot de français, c'est son 12e livre.

"Les putes voilées n'iront jamais au paradis!", de Chahdortt Djavann, chez Grasset

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