"Le dernier penalty" : ce que le football dit de l’Europe

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Le football est partout en ce moment, y compris dans l'édition. L'Italien Gigi Riva publie au Seuil "le dernier penalty", qui nous renvoie à la coupe du monde 1990 en Italie, alors que la Yougoslavie était au bord de la guerre civile.

La géopolitique du football est toujours prémonitoire des grandes tragédies, Gigi Riva y ajoute une touche romanesque avec le destin très touchant de Faruk Hadzibegic, bosniaque, brillant défenseur de cette équipe yougoslave, mais qui rate le penalty ( ou plutôt le tir au but) contre l'Argentine en quart de finale du Mondial italien de 1990. Alors que les nationalistes serbes et croates ont commencé à instrumentaliser le foot à des fins guerrières, le 13 mai 1990, le match Dynamo Zagreb-Etoile Rouge de Belgrade est le théâtre d'affrontements très violents entre supporters futurs miliciens. L'équipe yougoslave qui va en Italie est une utopie. Aujourd'hui, Faruk Hadzibegic, qui a longtemps joué à Sochaux, entraîne Valenciennes. Selon Gigi Riva, il ne pense plus que s'il avait marqué son penalty, la guerre civile aurait pu être évitée.

Une histoire troublante en pleine montée des nationalismes en Europe

D'autant plus que l'Euro 2016 en France est pollué par cette instrumentalisation du football par des extrémistes. Entre les hooligans russes, qui disent violemment leur mépris envers l'Europe, et l'Angleterre, qui va jouer son maintien dans l'Europe en même temps que celui de son équipe dans l'Euro, Gigi Riva voit se dessiner une nouvelle géopolitique du football.

("Le dernier penalty " © Le Seuil)
►►► "Le dernier penalty" de Gigi Riva est publié aux éditions du Seuil.