L’arbre de vie de Philippe Claudel

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Ca fait quoi d'avoir 50 ans quand on est un homme? C'est l'une des questions que pose Philippe Claudel dans son dernier roman, "l'arbre du pays Toraja" édité chez Stock. C'est bien plus que ça en fait, un véritable hymne à la vie.

Il y'a des moments dans la carrière d'un auteur où il tutoie les anges et Philippe Claudel atteint cet état de grâce tout en nous parlant beaucoup de la mort. En faisant un détour pour débuter, par l'Indonésie où le peuple Toraja pratique un rite funéraire très particulier. Quand un petit enfant meurt, son corps est déposé dans le creux du tronc d'un arbre, recouvert de feuilles, de telle sorte qu'en poussant, l'arbre et la dépouille ne font qu'un en s'élevant vers le ciel. Arrivé à la cinquantaine, le personnage de Philippe Claudel, cinéaste, tout comme l'auteur, perd son meilleur ami, qui est aussi son producteur, le récit de ces derniers instants partagés est d'une beauté qui ne tombe jamais dans le mélo, car tout ce roman est résolument optimiste, sereinement optimiste. C’est un bel hommage à Jean-Marc Roberts, ami et éditeur de Philippe Claudel disparu en 2013.

Pas de mélo disiez-vous, pas d'angélisme non plus

Cet homme n'est pas un sain, pas un sale type pour autant, il a ses faiblesses, ses turpitudes, avec les femmes, sa mère malade, son égo et Philippe Claudel a trouvé une musique juste dans l'écriture: il expose un fait, puis aussitôt le commente, l'interroge. Pas de leçon dans ce roman, mais un joli conseil donné au lecteur: Prends soin de tes plus beaux souvenirs. L’auteur comme son personnage se souvient des plus beaux moments de sa vie, comme une douce brise marine sur la côte amalfitaine en Italie, instant gravé à jamais dans sa mémoire, d’une plénitude absolue, qu’il invite à l’envahir de nouveau pour en savourer ce qui s’appelle le bonheur.

"L'arbre du pays Toraja" de Philippe Claudel aux éditions Stock.

(L'arbre du pays Toraja. © éditions Stock)
 

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