Des dragons et une princesse, deux films d'animation aux antipodes

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D’un côté la douceur et la poésie d'un conte japonais : "Le conte de la princesse Kaguya", de l’autre une performance technologique avec "Dragons 2", le dernier né des studios Dreamworks Animation.

Le conte de la princesse Kaguya est le dernier film du réalisateur Isao Takahata, l'auteur du Tombeau des Lucioles , ami de longue date du maître de l'animation Hayao Miyazaki avec qui il a créé le célébrissime studio Ghibli.

 

Comme son compère, Takahata, 78 ans, pourrait bien prendre sa retraite après ce long-métrage. Une raison de plus pour s'intéresser de près à cette adaptation d'un conte populaire japonais vieux d'un millénaire, intitulé Le coupeur de bambou . C’est l'histoire d'une minuscule princesse née dans une pousse de bambou, recueillie dans les montagnes par un couple de vieux fermiers. En grandissant, aussi vite que le bambou, Kaguya devient aussi belle qu'insaisissable pour ses très nombreux prétendants.

 

Le film s'inscrit dans la plus pure tradition japonaise d'abord dans le fond, avec ce lien très fort entre cette princesse et la nature, les quatre saisons, les animaux, l'importance des équilibres naturels et puis dans la forme. Graphiquement, Takahata n'utilise l'animation qu'à très petite dose, préférant l'évocation de ses dessins aux prouesses techniques du film d’animation.

 

Le résultat est vraiment magique, totalement différent du travail de Miyazaki tout en atteignant les mêmes sommets de poésie et de mélancolie.

Dragons 2 , des studios Dreamworks Animation

(Dragons 2 © 20th Century Fox)

Il s'agit de la suite des aventures d’Harold et de son dragon Krokmou, inséparable duo qui poursuit inlassablement sa quête de nouveaux mondes. Ils vont se heurter cette fois à Drago, qui menace la paix obtenue de haute lutte dans le premier volet entre les hommes et les dragons.

 

Dragons 2 fait le pari inverse de Takahata sur le plan technologique en utilisant pour la première fois un logiciel d'animation dernier cri baptisé Apollo, et breveté par Dreamworks, le tout, en 3D.

 

Le résultat visuel est vraiment spectaculaire. La précision est telle dans chaque petit mouvement des personnages que l'on se demande sérieusement si l'on ne vient pas d'atteindre une limite en terme de technologie. Cette performance s’accompagne d'une vraie réussite dans le scenario de ce deuxième volet.

 

Sans atteindre la poésie et la profondeur des sentiments du conte de Takahata, Dean Deblois le réalisateur québécois a souhaité vieillir le personnage d'Harold, physiquement, et mentalement. Du coup au cours de cette nouvelle aventure, Harold va se révéler à lui-même, non sans avoir répondu à des questions existentielles que tout adolescent est en droit de se poser. Que faire notamment lorsque l'on est écrasé par le charisme de son père et comment gérer le choc des retrouvailles avec sa mère après de si longues années d'absence.