"Dallas Buyers Club", le nouveau film de Jean-Marc Vallée

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Une plongée dans le Texas du milieu des années 80. L'histoire vraie d'un homme, diagnostiqué séropositif, et à qui la médecine ne laissait que 30 jours à vivre. Finalement, il a tenu 7 ans et il a fait bien plus que cela, en s'opposant au gouvernement et aux compagnies pharmaceutiques.

Cet homme c'est Ron Woodroof, diagnostiqué en 1986. Electricien de profession, Ron est surtout un cowboy, un vrai : macho, homophobe et raciste, adepte du cocktail sexe, drogues, et rodéo. Un personnage franchement détestable porté à l'écran par un Matthew McConaughey, méconnaissable, amaigri de 22 kilos.

A l'époque, la médecine est impuissante face au VIH et l'AZT, le seul médicament antiviral breveté par la FDA, la Food and Drug Administration, est inabordable. Guidé par l'instinct de survie, Ron Woodroof va alors se documenter, tout apprendre sur le virus, tester d'autres traitements sur lui-même. Très vite, il découvre l'existence d'autres médicaments, efficaces mais non approuvés aux Etats-Unis. D'où l'idée du Dallas Buyers Club, qui propose aux séropositifs un libre accès à ces produits alternatifs, moyennant bien sûr un abonnement mensuel assez juteux.

Un très bon casting

Matthew McConaughey incarne à merveille la lente mutation de Ron. Il disparaît même sous les traits de son personnage.

Jared Leto a également perdu 25 kilos, comme il l'avait fait pour Requiem for a dream en 2000. Il se glisse cette fois dans la peau de Rayon, un homosexuel très efféminé, junkie, lui aussi séropositif et sa relation avec Ron est LA véritable clé de voûte du film.

Les deux personnages sont aux antipodes, et pourtant sans jamais se l'avouer, ils vont s'entraider, se nourrir de leur courage et de leur dignité respectifs.

Un destin plus qu'une histoire

Le film laisse délibérément au second plan les combats, les procès de Ron Woodroof face au gouvernement et à l'industrie pharmaceutique. Tout cela est présent mais s'efface devant le destin de cet homme. Face à ce sujet particulièrement lourd, la vraie réussite du film c'est justement de ne pas tomber dans le mélodrame. Il laisse filtrer simplement une réalité, à savoir l'ignorance, et donc l'inertie qui règne à cette époque, jusqu'au sommet de l'Etat.

Tourné en 25 jours avec moins de cinq millions de dollars, Dallas Buyers Club a déjà vu Mattew McConaughey récompensé aux Golden Globes, et peut espérer bien plus encore avec pas moins de 6 nominations aux Oscars.

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