"Bang Gang" : poussée de fièvre adolescente

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Coup de projecteur aujourd'hui sur un premier film, "Bang Gang", le film d'une jeune cinéaste française qu'il va falloir suivre, qui s'appelle Eva Husson et qui prend le risque avec ce film de nous plonger au cœur d'un scandale sexuel impliquant tout un groupe d'adolescents.

Sur le papier, ce film a tout du film à sensation, du projet sulfureux, voire scandaleux, puisque Eva Husson s'inspire d'un fait divers réel, un scandale sexuel aux Etats-Unis en 1999 dans lequel étaient impliqués tout un groupe de lycéens de la classe moyenne, fait divers qu'elle transpose en France. Sur la côte atlantique, le temps d'un été caniculaire, elle nous plonge au cœur de la dérive, donc, d'un groupe d'ados qui vont tester, repousser, les limites de leur sexualité, s'adonner à de multiples jeux sexuels. 

C'est cru, sensuel, parfois violent.

Mais Eva Husson évite le piège du sensationnalisme, d'abord parce qu'elle mêle au réalisme de cette histoire une forme de poésie, une esthétique soignée, qui a pour effet de nous plonger dans un tourbillon à la fois paradisiaque et infernal,

et puis parce qu'elle refuse toute psychologie et tout jugement. Elle préfère l'immersion, au plus près de ces ados et de leurs corps, de leurs désirs, de leur plaisir, de leur liberté mais aussi de leur ennui, de leurs peurs, de leur solitude, de leur intimité compromise par les réseaux sociaux. Elle nous plonge en fait au cœur de tous leurs paradoxes et livre un très beau film sur l'adolescence, l'adolescence comme un passage, une épreuve, un chaudron ; l'adolescence et son énergie si particulière, cette capacité, assez émouvante finalement, à se mettre en danger et à aussitôt se relever.

 

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