Avec Wonder.land, Damon Albarn s’empare d'Alice au pays des merveilles

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Damon Albarn passe à la comédie musicale. "Alice au pays des merveilles" est transformé à la sauce pop par le chanteur de Blur dans "Wonder.land". Le spectacle créé en Angleterre arrive à Paris au théatre du Châtelet.

Qui es-tu ? ou comme disais Montaigne : Connais-toi toi-même. C’est la question au centre de cette adaptation intelligente et technoïde du conte de Lewis Caroll. Prenez une jeune écolière de 12 ans d'aujourd'hui : Noire, un peu bouffie, incomprise par ses parents, harcelée par ses copines à l'école. Que fait-elle pour s'échapper ? Elle se réfugie dans le monde merveilleux des jeux vidéo à disposition 24 heures sur 24 sur son téléphone portable. Elle se crée un avatar dans une autre vie exactement à son opposée : blonde, Blanche. On l'appellera donc Alice : Alice à "Wonder.land".

Le projet a été initié par le National Theatre, un peu l'équivalent de notre Comédie française. Ce n'est pas la première fois que le chanteur de Blur et de Gorillaz s'intéresse au théâtre musical. Il y a 10 ans, il avait créé un opéra pop sur un conte chinois qui mêlait acrobates, interprètes d'art martiaux et comédiens sur fond, parfois, de dessin animé.

Cette fois, avec cette relecture moderne de Alice au pays des merveilles, il a écrit la musique mais pas les paroles des chansons.  Il propose une composition éclectique, comme l'explique Carly Bawden : c’est elle, la Alice virtuelle, qui apparait sur scène, dans les airs, en tutu bleu, avec une énorme perruque blonde, et aux pieds, des semelles hyper-compensées : "Damon Albarn est formidable. Je suis un fan de son travail et de la musique du spectacle. Je dois interpréter des chansons très belles de styles très différents. J'ai des airs classiques presque opératiques au début du spectacle, et puis à l'acte deux j'ai des chansons plus pop, où j'utilise ma voix de poitrine. Donc vocalement, c'est tout un voyage pour moi. Tout vient de sa musique, de ce qu'il nous a donné. Damon Albarn nous a laissé développer et trouver nos personnages. J'ai adoré cette vision différente d' Alice au pays des merveilles : c'est nouveau, c'est frais. On utilise ce conte traditionnel d'une façon unique : l'histoire sert à raconter une autre histoire sur une adolescente d'aujourd'hui, les problèmes qu'elle rencontre dans la vie. Je crois que ca peut parler. Wonder.land devient un lieu d'évasion pour elle."

Wonder.land utilise le conte d’Alice pour raconter les problèmes d’une ado d’aujourd’hui. L’histoire se déroule dans deux mondes parallèles. Et parfois l’un a des conséquences sur l’autre. Autant le monde réel, de la chambre à l’école, est gris, autant le monde virtuel est peuplé de personnages colorés et fantaisistes que ne renieraient pas Tim Burton : une grande poupée vivante aux yeux globuleux, un coq géant au costume de super héros, un lapin blanc dont des ballons gonflables forment les grandes oreilles, et un mille pattes constitué de 7 acteurs dans des grosses boules pailletées vertes qui bougent dans des chorégraphies élégantes et chantent en chœur...

Tout se termine forcément dans un combat digne d’un jeu vidéo. Au final, une fable musicale pop, maligne, moderne et bourrée d'idées.

→ "Wonder.land" au théatre du Châtelet, jusqu'au 16 juin.