A Montpellier Danse, Phia Ménard brise la glace

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Montpellier Danse a commencé, c’est "le" rendez-vous des passionnés de danse chaque été, depuis 36 ans. Au programme jusqu'au 9 juillet : 16 spectacles dont 12 créations, parmi elles "Belle d’hier" de Phia Ménard, une chorégraphe hors norme.

 A l’Opéra Comédie, sur la scène, un immense lingot d’or, quand il se soulève, apparaît une chambre froide, un énorme congélateur. A l’intérieur, figés, des carapaces, des costumes d’homme, les attributs d’un prince charmant à l’allure inquiétante de Dark Vador que cinq danseuses vont extraire de la chambre froide, manipuler, arroser, lessiver dans des bassines, jusqu’à les étendre comme un vulgaire linge, pour tuer le mythe du mâle dominant.

Une pièce qui fait écho au parcours personnel de la chorégraphe

Avec ces accessoire gelés, cette eau, c’est une performance pour les danseuses. Phia Ménard fabrique des images scéniques fortes : la glace, l’eau, la vapeur, c’est un choc. Choc visuel, choc émotif aussi. Car cette pièce croise le parcours personnel de la chorégraphe. Elle est née Philippe Ménard, a changé de sexe en 2008 et a beaucoup évoqué la question du genre sur scène. Du droit à la différence au droit à l’indifférence, on voudrait ne pas avoir à spécifier ce choix personnel, mais Phia Ménard cette fois n’est pas sur scène et ce n’est pas un hasard. Elle considère être encore en chemin vers sa féminité et voulait que les interprètes soient des femmes de toujours. Elle s’efface derrière l’universalité du propos bouleversant de cette pièce.

"Belle d’hier" de Phia Ménard à Montpellier Danse les 26 et 27 juin puis en tournée durant la saison 2015/2016. Le festival lui se poursuit jusqu’au 9 juillet.

(La chorégraphe, Phia Ménard, née Philippe, n'a pas voulu monter sur scène avec ses danseuses, estimant être "une femme en devenir")
 

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