Que devient Armel Le Cléac'h, après sa victoire dans le Vendée-Globe ?

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19 janvier 2017. Aux Sables-d'Olonne, Armel Le Cléac'h remporte la 8e édition du Vendée-Globe, la course à la voile en solitaire et sans escale. Le navigateur de 39 ans boucle son tour du monde en un temps record : 74 jours 3 heures 35 minutes et 46 secondes.

19 janvier 2017. Armel Le Cléac'h remporte aux Sables-d'Olonne la 8e édition du Vendée-Globe, la course à la voile en solitaire et sans escale. Agé de 39 ans, le navigateur boucle son tour du monde en un temps record : 74 jours, 3 heures, 35 minutes et 46 secondes. La troisième tentative est donc la bonne pour le marin breton qui rêvait depuis 10 ans de remporter l'Everest des mers. "C'est génial, ça fait plaisir de gagner ce Vendée-Globe après cette deuxième place il y a quatre ans qui avait été difficile à accepter. Cela n'a pas été facile, toute la remontée de l'Atlantique j'ai galéré avec la météo. Jusqu'au bout il a fallu se battre", raconte le skipper.

Duel épique et indécis

Après son succès, Armel Le Cléac'h a été énormément sollicité pour raconter son exploit, le marin a donc beaucoup voyagé. Cela n'empêche pas le marin breton de savourer son exploit et ce record qu'il améliore de quatre jours par rapport à François Gabart.

Même si cela fait maintenant sept mois qu'il a reposé les pieds sur la terre ferme, le skipper reste marqué par cette course à suspense et son duel épique et indécis avec le britannique Alex Thomson : "C'est vrai qu'on doute, on imagine un peu tous les scénarios, on se dit même à la fin qu'on peut être amené à être toujours deuxième du Vendée-Globe", raconte celui qui a parfois été qualifié de "Poulidor de la voile".

Armel Le Cléac'h ajoute: "J'y ai cru parce que j'ai beaucoup d'expérience, j'ai vécu un Vendée-Globe compliqué il y a quatre ans, avec un duel avec François (Gabart), je ne voulais pas revivre la même chose, il fallait se battre".

Le chacal

"Le chacal", c'est le surnom d'Armel Le Cléac'h, quand le marin est sur l'eau. "J'ai deux personnalités, reconnaît-il. À terre, je suis assez calme, assez posé, après, sur l'eau, c'est un espace de liberté pour moi totalement différent. C'est là que je m'épanouis le plus parce que je décide de ma propre vie dans la seconde qui suit, dans la minute, dans l'heure, les jours qui viennent, raconte-t-il. Je suis dans l'élément finalement qui me correspond le plus en tant que compétiteur, en tant que sportif, j'aime ce défi avec les éléments, avec les concurrents bien sûr mais avec moi-même en premier lieu".

Selon lui, ça lui a beaucoup servi, "quand on rentre chez soi – que ce soit après mon premier, deuxième, troisième Vendée-Globe – on arrive à prendre plus de recul finalement dans la vie de tous les jours", estime le skipper. "Ce qui me passionne, ce qui m'anime c'est d'être sur l'eau, de naviguer, de faire des courses. C'est vrai que depuis, je suis beaucoup à terre", note Armel Le Cléac'h, enchanté de l'intérêt que son aventure a suscité. "Cela fait plaisir de voir qu'on amène aussi beaucoup de gens à voyager, à rêver. Beaucoup d'enfants ont suivi la course à travers des travaux pédagogiques."

Un futur défi en multicoques 

Pour Armel Le Cléac'h, l'aventure Vendée-Globe est désormais terminée : "Avec cette victoire, la page du Vendée-Globe s'est tournée. J'ai participé à trois éditions d'affilée, j'ai terminé les trois. C'est une part de vie, 10 ans à se consacrer à cette course et ce rêve de gagner un jour, j'y suis arrivé".

Armel Le Cléac'h s'est donc lancé un nouveau défi pour 2019 avec une course en solitaire autour du monde, sur multicoques : "C'est une nouvelle page à écrire pour la course au large, cela ne s'est jamais fait, je vais retrouver des grands marins comme François Gabart, Thomas Coville et Francis Joyon qui ont aussi écrit des belles pages cet hiver de la voile française."

Mais, avant 2019, un autre rendez-vous attend Armel Le Cléac'h :  la Route du Rhum, l'année prochaine entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre. Le marin s'alignera sur un tout nouveau trimaran. Un véritable monstre des mers, de 32 mètres de long, 23 de large et avec un mât de 38 mètres. Quasiment deux fois l'envergure du monocoque qui a permis à Armel Le Cléac'h de remporter le Vendée-Globe en 2017.