Le colonel Pierre, du Mali à la Bretagne

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19 novembre 2013. Retour à Gao, la plus grande ville du nord Mali, dix mois après le début de l'opération Serval. A 1.200 km au nord de la capitale, Bamako, la plupart des administrations ne fonctionnent pas, l'électricité est rare, l'économie paralysée...

 Les djihadistes ont quitté la ville, repoussés par les militaires français, explique le colonel Hervé Pierre, qui dirige à l'époque les 1.000 soldats du camp de Gao. "Depuis le début de l'intervention, les conditions sécuritaires se sont fortement améliorées, les groupes terroristes ont été repoussés. Les terroristes n'ont plus du tout la main sur le pays, ils se cachent, ils fuient, ils évitent le contact, leurs techniques sont aléatoires. Aujourd'hui, ils ont les deux genoux à terre ".

 

Le colonel Pierre et ses hommes sont restés au Mali durant quatre mois, d'octobre 2013 à février 2014. Sur place, un nouveau contingent les a remplacés, à Gao, dans le camp qui jouxte l'aéroport. Hervé Pierre a repris le commandement du troisième régiment d'infanterie de marine, stationné à Vannes. Première satisfaction pour le Colonel Pierre : avoir ramené tous ses hommes sains et saufs en France. "On est content de rentrer car c'est une mission exigeante, c'est du 24/24, 7 jours sur 7. Avec une pression importante car on est au cœur des événements ."

 

"Partir en opération a un côté assez attractif" (Colonel Hervé Pierre)

 

Au Mali, Hervé Pierre estime que ses hommes "ont réduit le potentiel de l'adversaire en découvrant des caches d'armes et des camps d'entrainement ". Quant à son retour en France, "il n'y a pas de frustration ", même si "partir en opération a un côté assez attractif. Mais la phase de préparation qui fait que la mission est réussie se déroule ici en France. Et finalement, le cœur du métier se fait dans les garnisons et dans les centres d'entraînement. Les deux missions sont différentes mais sont complètement complémentaires ".

 

Un an et demi après le début de l'opération Serval, l'opération "est un succès " assure le colonel Pierre, qui l'a constaté sur le terrain. "Ma grande satisfaction, c'est d'avoir pu entendre la population nous dire ‘merci, merci d'avoir pu nous libérer de ce qu'on a connu auparavant "."  Le colonel Pierre ignore combien de temps durera la présence de l'armée française au Mali. "C'est une décision politique mais il est évident que l'armée française n'a pas vocation à rester éternellement au Mali ."

 

1.700 soldats de la force Serval sont toujours déployés au Mali. Le désengagement se poursuit, à mesure que la mission des Nations-unies, la Minusma, se met en place. 

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