Ils ont fait l'actu. Que devient le coq Maurice ?

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Comme tous les étés, Sébastien Baer revient sur les événements marquants de l'année. Et ce sont ceux qui les ont vécus qui les racontent. Jeudi, l'histoire du coq qui "perturbaient" par son chant la vie de ses voisins et qui ont perdu en justice.

5 septembre 2019. Finalement, Maurice peut continuer à chanter tranquille. Sur l’île d’Oléron (Charente-Maritime), la justice autorise le coq à faire ses vocalises quand bon il lui semble. Le gallinacé et sa propriétaire, Corinne Fesseau, étaient poursuivis par des voisins incommodés par le chant trop matinal de Maurice. "J'ai gagné un combat, cela faisait longtemps que j'attendais et donc je suis fière d'avoir mené ce combat. Tout va redevenir comme avant et Maurice va rechanter". Cette affaire a fait du coq Maurice le symbole de la défense de la ruralité. Corinne Fesseau a reçu des centaines de lettres de soutien et la pétition lancée sur internet pour sauver Maurice a recueilli 140 000 signatures. Après deux ans de combat, la propriétaire du coq est soulagée d'avoir obtenu gain de cause. "Cette bête, je ne voulais pas m'en séparer. Ce n'est pas à cause de deux voisins que je vais me séparer de Maurice. Ils vont pas m'emmerder pour un coq alors qu'ils ne sont pas là les trois quarts du temps" s'agace Corinne Fesseau qui ajoute, "si je cède, cela voudra dire que j'ai perdu ce combat et cela voudra dire que demain d'autres personnes feront comme eux et porteront plainte. Des coqs, des cloches, des grenouilles... les gens se plaignent pour un rien. Si les gens viennent de la ville et ne comprennent pas qu'à la campagne les bruits sont normaux, cela ne pourra pas aller".

Un soutien international

La propriétaire de Maurice se réjouit aussi d'avoir reçu du soutien du monde entier, "les États-Unis, le Costa Rica, l'Australie, l'Angleterre, l'Allemagne, la Tunisie... les lettres arrivaient par milliers. Ce qu'on a pu faire pour un coq, c'est extraordinaire." Le coq Maurice est mort au mois de mai et Corinne Fesseau l'a remplacé par un autre coq baptisé Maurice 2, "qui ne chante pas aussi bien que Maurice parce qu'il est jeune. Mais je continue pour la ruralité, pour montrer que mon combat continue. Je veux que la campagne soit présente". L'affaire a eu une conséquence inattendue: "cela a poussé des gens à acheter des coqs" s'amuse Corinne Fesseau. "Ils se sont dits 'elle a gagné eh ben nous on va acheter des coqs'. On n'a jamais vu autant de coqs depuis que Maurice a gagné la loi". L'histoire du coq Maurice a même incité l'Assemblée nationale à voter une proposition de loi pour défendre les bruits et les odeurs de la campagne. Le texte devrait dissuader les mécontents de porter plainte contre le chant du coq, le coassement des grenouilles, le cancanement des canards ou les cloches des églises.

Vous êtes à nouveau en ligne