Ils ont fait l'actu. Juan Branco, mis en cause dans l'affaire Benjamin Griveaux : "C'était intolérable pour certaines personnes que je survive à ce moment-là"

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Comme tous les étés, Sébastien Baer revient sur les événements marquants de l'année. Et ce sont ceux qui les ont vécus qui les racontent. Lundi, Juan Branco, l'avocat de Piotr Pavlenski, l'artiste russe qui a revendiqué la publication des vidéos à caractère sexuel qui ont entraîné le retrait de la candidature de Benjamin Griveaux à la mairie de Paris.

14 février 2020. C'est un séisme dans la course aux municipales, à Paris. À la surprise générale, Benjamin Griveaux annonce qu'il retire sa candidature après la diffusion sur internet d'une vidéo à caractère sexuel. Celui qui a fait tomber le candidat de la République en marche s'appelle Piotr Pavlenski. Installé à Paris depuis trois ans, cet activiste russe est connu pour ses performances choc à dimension politique. C'est l'avocat Juan Branco qui prend en charge sa défense. "Il m'avait consulté pour savoir ce qu'il encourait, s'il devait le faire ou pas, les conséquences que ça pouvait avoir et ainsi de suite". Après la diffusion des vidéos, Piotr Pavlenski est mis en examen – avec sa compagne – pour, notamment : "atteinte à l'intimité de la vie privée". Dans les jours qui suivent, Juan Branco, son avocat, est lui-même mis en cause, soupçonné d'être le troisième homme de l'affaire. Mais l'avocat conteste toute implication et explique que son rôle s'est limité à du conseil.

Pavlenski a "déstabilisé un espace social dominant"

Cinq mois après le scandale qui a fait chuter Benjamin Griveaux, Juan Branco continue de s'étonner de l'ampleur prise par l'affaire. "Je ne m'attendais pas du tout à ces conséquences. Le détonateur de l'affaire a été la démission de Benjamin Griveaux de par la bombe qu'elle a produit quelques semaines avant les élections". Juan Branco analyse la "performance artistique" de Piotr Pavlenski : "Il a déstabilisé un espace social dominant, de façon extrêmement réussie pour lui, qui allait au-delà de ses attentes. J'ai trouvé intéressant de voir à quel point quelque chose d'aussi trivial a quand-même réussi à déstabiliser de façon très violente le gouvernement alors que par ailleurs de véritables scandales les avaient laissés complètement indifférents".

D'après Juan Branco, Piotr Pavlenski, qui est également impliqué dans une affaire de violences le soir du réveillon, attend son procès avec impatience, "pour s'expliquer". Le "revenge porn" ou "vengeance pornographique" en bon français est passible de deux ans de prison et 60 000 euros d'amende.

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