Ils ont fait l'actu. Jean-Luc Reitzer, le miraculé de l'Assemblée nationale

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Sébastien Baer revient sur les événements marquants de l'année 2021. Et ce sont ceux qui les ont vécus qui les racontent. Jean-Luc Reitzer, député du Haut-Rhin, a failli mourir du Covid-19 en 2020. Âgé de 69 ans, il est revenu à l'Assemblée nationale tel un héros.

13 octobre 2020. Après huit mois d'absence à l'Assemblée nationale, Jean-Luc Reitzer, 69 ans, fête son retour dans l'hémicycle. Premier parlementaire touché par le Covid-19, le député du Haut-Rhin a passé quatre semaines dans le coma et presque trois mois à l'hôpital. 

Neuf mois après son retour à l'Assemblée, le député alsacien souffre toujours de quelques séquelles légères et il doit régulièrement se soumettre à des examens de santé. Mais pas de quoi abattre Jean-Luc Reitzer, qui garde le sentiment d'être revenu de loin alors que les médecins avaient presque perdu espoir de le sauver. D'ailleurs, dans son entourage, bon nombre de personnes le surnomment "le miraculé". "C'est ce que m'ont dit les médecins. C'est ce que me disent les gens dans la rue. C'est vrai que ça me rappelle ces moments difficiles que j'ai vécus. Mais moi, aujourd'hui, je me sens bien. J'ai quelques petites séquelles, mais qui sont minimes." 

J'ai tendance un petit peu à oublier cette phase difficile que j'ai vécue et à regarder plus l'avenir que le passé.

Jean-Luc Reitzer

à franceinfo

L'ovation qui l'a salué à son retour à l'Assemblée nationale "m'a énormément touché. Pendant 34 ans que je suis député, par moments, je me demandais 'Qu'est-ce que les collègues diront un jour de moi ? De ce que j'ai pu faire à l'Assemblée nationale et lorsqu'on fera mon éloge funèbre, que dira le président ?' Et là, j'ai constaté que finalement, il y avait déjà des liens très étroits, que même si je ne suis pas parmi les stars au niveau médiatique à l'Assemblée nationale, il s'est créé des liens affectifs et personnels. Ça a été extrêmement touchant et cette ovation, elle a aussi marqué beaucoup à travers le pays."

Retour difficile

À son retour sur les bancs de l'hémicycle, le député alsacien a été soulagé de voir qu'il avait conservé ses facultés. "Je voulais retrouver toutes mes capacités et j'ai constaté que je n'avais pas perdu ma mémoire. Je connaissais mes différents codes, codes de cartes bancaires, mon numéro de sécurité sociale. Bref, j'avais retrouvé toutes mes facultés intellectuelles donc quand je suis arrivé à l'Assemblée nationale, je n'avais pas de craintes. Par contre, j'ai eu un moment difficile de réintégration dans la vie sociale. Vous êtes coupé du monde pendant plusieurs semaines, moi c'était pendant presque trois mois, et après bien sûr aussi, lorsque je suis rentré chez moi avec les soins quotidiens. Et vous avez une certaine appréhension de l'image que vous pouvez donner, de l'image que se sont fait vos concitoyens, vos amis, de ce que vous êtes ou comment ils s'imaginent que vous êtes devenu. Et donc, vous avez une certaine appréhension. Et j'ai mis plusieurs semaines entre le moment où j'étais pratiquement rétabli de la maladie et le moment où je suis retourné à l'Assemblée nationale".

L'hôpital de l'intérieur

Maire d'Altkirch pendant 34 ans et président du conseil de surveillance et du conseil d'administration de l'hôpital pendant toute cette période, Jean-Luc Reitzer a, dit-il, "connu les problèmes des hôpitaux. Je savais notamment les problèmes de financement avec les 35 heures qui n'ont jamais été compensées par manque de personnel."

Je savais que malheureusement, il y avait beaucoup de choses qui ne fonctionnaient plus. Mais c'est vrai que, étant hospitalisé, on le voit différemment.

Jean-Luc Reitzer

à franceinfo

"Le côté humain, vraiment, je n'avais pas mesuré à ce point là. Quand vous êtes malade comme je l'ai été, quand vous n'arrivez même plus à déglutir, même plus boire de l'eau et que vous avez le moral dans les chaussettes, comme on dit couramment, et que vous avez des infirmières qui viennent vous voir, qui vous touchent la main, qui vous caressent la main en disant 'Ne vous inquiétez pas, ça va revenir, on est là', ils vous encouragent à passer ce cap difficile. Ça, c'est quelque chose qui ne se mesure pas dans les budgets, qui ne se mesure pas dans les débats qu'on peut avoir. Ça, c'est le contact. On ne peut que leur dire merci et bravo."

Jean-Luc Reitzer continue d'ailleurs à défendre poursuit d'ailleurs son combat pour la défense de l'hôpital, depuis son retour à l'Assemblée nationale. Ses combats portent sur le statut des personnels, les investissements et la lutte contre les fermetures de services. Membre de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée et de l'assemblée parlementaire de l'Otan, le député alsacien a aussi prévu de reprendre dès la rentrée ses voyages à travers le monde.

 

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