Schengen le tournant, Sarkozy chez le pape, et la crise au Monde

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Avec d'abord dans la presse un évènement ce soir, ça va passer presque inaperçu, et pourtant c'est un nouveau tournant de la construction européenne...

Nos frontières s'ouvrent à 75 millions d'Européens de l'Est, c'est le titre à la une du Figaro...
A partir de ce soir minuit, la Pologne et huit autres pays rejoignent ce soir l'espace Schengen de libre circulation des personnes explique le Figaro.
400 millions d'Européens partageront le même espace de libre circulation regroupant 24 pays autrefois répartis des deux côtés du rideau de fer.
Plus besoin de passeport par exempe pour aller par la route, le train ou le bateau de Calais à- la frontière estonienne avec la Russie...
Et le Figaro s'inquiète : l'intégration de la Pologne va accélérer la migration de populations vers l'ouest, la contrebande et l'immigration pourraient être facilitées.
Moins inquiet, l'International Herald Tribune, c'est aussi à la une, il remarque surtout que c'est l'indifférence qui domine sur des frontières autrefois théâtres de sanglantes batailles. Mais aujourd'hui titre l'International Herald Tribune, c'est tranquillement que la frontière germano-polonaise va se dissoudre... tranquillement alors que ce fut l'une des frontières les plus violemment disputées de l'histoire...

Egalement dans la presse : la visite de Nicolas Sarkozy au Vatican.

Rome l'attend avec intérêt explique la Croix...
et le climat est plutôt à la confiance entre le Vatican et le nouveau président expliquent la Croix comme le Monde... Benoît XVI mise sur Nicolas Sarkozy pour défendre en Europe les valeurs de l'Eglise dit le Monde.
Mais le Monde relève aussi le revers de la médaille : ses positions éthiques jugées trop floues ou encore sa politique de l'immigration, mais il y a aussi dit le Monde ce que le Vatican murmure, le goût pour les paillettes de Nicolas Sarkozy, sa fréquentation des riches, ses deux divorces et comme si ça n'était pas assez sa liaison avec un ancien top-model.
Pas très chrétien mais tout ce qui filtre des discrètes éminences du Vatican, c'est que les rumeurs des derniers jours sur Nicolas Sarkozy laissent quand même perplexes, ce sera le seul commentaire lâché par un officiel de la Curie aux questions du Monde.
Et si le monde secret du Vatican vous intéresse, je vous signale aussi le dernier numéro des Cahiers de Sciences et Vie, le Vatican, le pouvoir à l'épreuve du temps...

Ca n'arrive pas tous les jours, ce matin c'est le Monde, le quotidien, qui fait la une de son confrère Libération...

Et généralement ça n'est pas très bon signe, c'est vrai que le Monde comme ses confrères ne va pas bien.
Libération, journal lui-même convalescent, c'est un peu l'hôpital qui se penche sur la charité, Libération qui titre La guerre des Monde, c'est le titre à la Une après l'annonce hier soir de la démission collective de la direction du Monde à l'occasion d'un conseil de surveillance crucial pour l'avenir.
Au coeur de la crise explique Libération, le déficit chronique du Monde et un plan d'économies et de réduction des effectifs qui menaçait d'être sévère.
Mais ce qui a provoqué la réaction des directeurs démissionnaires, c'est surtout l'attitude de défiance de la SRM, la société des rédacteurs qui est l'actionnaire majoritaire du groupe, un cas unique dans la presse. Des rédacteurs évidemment inquiets de l'ampleur des coupes annoncées dans les effectifs.

La République du Centre s'interroge elle aussi sur la crise qui frappe le quotidien Le Monde et plus largement la presse écrite en France : prise dans l'étau de l'érosion des recettes publicitaires et de la concurrence d'internet, c'est toute la presse écrite qui va mal et qui doit faire une révolution culturelle dans ses méthodes et son organisation, pour ses managers comme pour ses salariés. Hélas conclut Jacques Camus dans la République du Centre, ceux qui la réclament la plus fort ne sont pas toujours les plus disposés à la faire.

Ca c'est pour la presse d'aujourd'hui, très loin de l'âge d'or...

L'âge d'or, quand le journaliste c'était l'homme nouveau, quand la presse florissante était le vecteur de la démocratisation, quand la presse était non seulement une aventure capitalistique mais même une spéculation très juteuse, car c'était à l'époque l'un des seuls supports de publicité : on est loin de l'époque d'aujourd'hui, mais le tableau a de quoi faire rêver notre presse quotidienne, l'âge d'or c'était au 19ème siècle, le 19ème, le siècle de tous les possibles, c'est la une du numéro double du Nouvel Observateur à l'occasion de la fin d'année, le Nouvel Obs qui propose ce voyage dans le temps... aux sources de la société libérale, de la science conquérante, au temps d'Hugo, l'hommo dixneuvièmus, et du bon docteur Ferry, père de la 3ème République et de l'école laïque... Toujours du côté des hebdos, le Point propose lui un spécial Chine, pour un autre voyage, un voyage dans l'empire de la démesure... tandis que l'Express s'intéresse pour cette fin d'année à la grande histoire des Juifs...

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