Rockyrama : la pop culture du Web au papier

Le nouveau magazine Rockyrama, pour tous les fans de pop culture. Et des affaires politico-financières qui se bousculent à nouveau dans la presse

L'invité de l'Hyper revue de presse : Alex Nassar, rédacteur en chef adjoint de Rockyrama. Après un livre et un site (rockyrama.com), c'est aussi désormais un  magazine, un trimestriel dont le premier numéro vient de sortir, pour tous ceux qui aiment déjà ou qui veulent découvrir la pop culture.

C'est à nouveau le temps des affaires à la Une des journaux...

Cahuzac, Tapie, Takieddine : chacun sa partition, mais la petite musique est la même, celle des affaires...
D'ailleurs pour Christophe Bonnefoy dans Le Journal de la Haute-Marne, on ne sait plus dans quelle direction regarder. Les révélations succédant aux révélations.

Presse 27/06/2013

Ici, c'est Ziad Takieddine, l'intermédiaire sulfureux, dans le rôle de la balance : il a donc affirmé au juge avoir versé de l'argent qui aurait financé la campagne d'Edouard Balladur en 1995. 6 millions de francs en espèces. Des aveux révélés par Le Monde et repris dans Le Figaro et Libération. Pour l'avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi cité dans Libération, c'est "le plus gros scandale de la Vème République".

Prudence répond Pascal Coquis dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Takkieddine a suffisament menti ces dernières années pour qu'on prenne ses déclarations avec des pincettes. Lâché par les barons de l'UMP qui pataugeaient il y a peu encore dans sa piscine, trahi par son épouse qui a livré ses petits secrets d'Etat au juge, il a toutes les raisons de vouloir se venger. Certes, mais pour Les Dernières Nouvelles d'Alsace, ses explications, même entâchées par le doute, ne sont pas la façon la plus absurde de justifier les millions opportunément apparus pour équilibrer les comptes de campagne de Balladur. Pas plus absurde en tout cas que d'expliquer leur provenance par la vente de tee-shirts, comme avait osé le faire l'ancien Premier ministre.

Après Takkieddine, au tour de Cahuzac et DSK, Le Figaro les met dans le même panier, ils sont côte-à-côte à la Une. DSK qui était entendu hier au Sénat non pas pour une affaire de plus, mais pour un cours d'économie, alors que Jérôme Cahuzac lui s'expliquait sur ses mensonges à l'Assemblée.  Mais pour Guillaume Tabard dans Le Figaro, ils se trouvaient réunis hier par les hasards de l'actualité et par la similitude de leurs destins, tous les deux brisés pour des raisons différentes par une faute personnelle. L'un DSK, rêvant visiblement de rédemption, l'autre, Cahuzac, continuant son chemin de croix.

Et puis dans ces affaires en cascade, Bernard Tapie, toujours en garde à vue...

Et là encore par les hasards de la procédure judiciaire et de l'actualité, il s'explique devant la justice au moment où sort son livre-plaidoyer... "Un scandale d'Etat, oui ! mais pas celui qu'ils vous racontent".

Le nouveau quotidien L'Opinion en publie des extraits qui montrent une longue tentative d'autojustification. Beaucoup de portraits aussi. Celui de Jean Peyrelevade, ex-patron du Crédit Lyonnais, qui "penche à gauche quand le vent souffle à l'est, qui se courbe à droite quand la brise vient de l'ouest". "Un expert du changement de cap, qui porte une veste réversible".

Quant à Christine Lagarde et Nicolas Sarkozy, ils sont tellement dédouanés par Bernard Tapie, que pour L'Opinion Tapie en fait dans son livre "la sainte de Bercy et le sourd-muet de l'Elysée". Tapie reconnaît pourtant qu'il a rencontré Nicolas Sarkozy de nombreuses fois, à peu près tous les deux mois, avant, pendant et après sa présidence. A l'en croire, ce n'était pas pour parler de l'arbitrage, mais seulement des banlieues, de la formation des jeunes ou de l'état de la société. Pour L'Opinion, c'est justement bien difficile à croire. Et Bernard Tapie a sans doute dû se montrer particulièrement persuasif depuis lundi pour en convaincre les juges qui l'entendent en garde à vue.

Reste que la grande braderie actuelle des affaires politico-financières est sans précédent par son ampleur depuis au moins une décennie, c'est ce que constate Dominique Garaud dans La Charente Libre. Il y voit au moins une bonne chose : le signe d'une justice désormais à même de faire son travail sans entraves, une siutation dont il crédite François Hollande. Avec un risque, déjà mesurable dans les urnes, celui de creuser encore davantage la défiance vis-à-vis des partis de gouvernement et de nourrir
le vote protestataire.

Ce grand déballage des affaires, pour Jean-Michel Helvig dans La République des Pyrénées, c'est un peu la nuit des morts-vivants dans la classe politique. Comme dans des films à grand frisson, des " cadavres " sortent de leurs tombes pour venir hanter le monde réel. Terrifiant tableau qui pourrait donner à croire que jamais la classe politique n'a été aussi corrompue.

Alors que ces affaires remontent jusqu'au début des années 90. Comme si une Justice qui fût momifiée sortait elle aussi de ses bandelettes pour venir purger des fautes anciennes. Avec l'espoir que derrière cette accumulation d'affaires détestable pour l'esprit public, il y ait au moins une bonne nouvelle, que les temps de l'impunité soient en passe d'être révolus...
 

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