Les visages du gouvernement

Dans les journaux ou sur le net, le gouvernement Ayrault est décortiqué, analysé. Les médias proposent de faire connaissance avec les nouvelles têtes dirigeantes du pays, et tirent les enseignements de ce premier grand choix politique du quinquennat. Les gagnants, les oubliés, et LE cas Martine Aubry, qui fait couler beaucoup d'encre.

34 visages... vous ne pouvez pas les louper, ils sont partout en kiosque ou sur internet.  

17 hommes, 17 femmes... "Egalité", titre Libération. Le journal affiche en Une les portraits des ministres féminines du nouveau gouvernement, symbole de la parité promise par le Président François Hollande. La presse retient aussi la nouveauté (certains diront l'inexpérience) de cette équipe Ayrault, qui compte seulement 5 anciens ministres. Plusieurs sites d'actualité proposent un trombinoscope interactif, pour faire connaissance avec Cécile, Fleur, Christiane, Aurélie, Marisol ou Najat... mais aussi Manuel, Arnaud, Vincent ou Victorin.

Sur franceinfo.fr le trombi permet de découvrir le parcours de chacun, et les raisons qui ont poussé le couple exécutif à faire ce choix. En cliquant sur les critères d'âge, d'expérience ou d'appartenance politique, on peut se rendre compte des équilibres qui sont à l'oeuvre.

Rue89 propose même de vérifier qui sont les du nouveau gouvernement. L'application permet de se rendre compte que les plus actifs sur les réseaux sociaux sont aussi les plus jeunes, sans expérience préalable de ministre.

Le nom d'une ancienne ministre retient l'attention des journaux.

Martine Aubry, "la grande absente" pour reprendre le titre de La Voix du Nord. "Beaucoup d'Aubry pour rien", ironise Libération pour souligner le refus de celle qui était annoncée au gouvernement depuis des semaines. Ecartée lundi soir de la course à Matignon, elle en a rigolé dit-elle avec François Hollande. Pourtant, les journaux y voit un premier accroc entre l'Elysée et Solférino. "Hollande Aubry : le divorce" ose Le Figaro. Martine Aubry a beau assurer qu'elle est désormais concentrée sur la bataille des législatives, sans arrière-pensée, Le Nouvel Observateur note que la première secrétaire s'est "vengé" en écartant hier deux proches de François Hollande qui souhaitaient briguer un siège de député.
Dans la Somme, elle barre la route à Faouzi Lamdaoui, chef de cabinet du candidat socialiste pendant la campagne présidentielle. Dans les Hauts-de-Seine, elle a imposé l'un de ses proches collaborateurs de la mairie de Lille.

Martine Aubry n'est pas la seule oubliée du gouvernement.

Comme toujours, il y a les heureux, et les déçus. Le nouvelobs.com dresse la liste des "losers" , ceux qui s'y voyaient déjà : François Rebsamen rêvait de l'Intérieur, il s'incline devant Manuel Valls. Idem pour André Vallini qui espérait la justice.
Michel Destot, député maire de Grenoble a été supplanté par Geneviève Fioraso qui n'est autre qu'une de ses adjointes dans l'Isère !

La liste inclut aussi les chefs de partis, Jean-Michel Baylet, des radicaux de gauche, ou l'ancien communiste Robert Hue... sans oublier les éléphants du PS : Claude Bartolone et Bertrand Delanoë.

Enfin il y a les Verts de rage : Jean-Vincent Placé (mais pas gagnant) et Yannick Jadot. Deux écologistes finalement sacrifiés au profit de Cécile Duflot.

La formation du gouvernement qui fait une victime collatérale dans les médias.

Dès lundi, Audrey Pulvar quitte l'antenne de France Inter où elle assurait encore ce matin l'antenne entre 6h et 7h. La station généraliste de Radio France annonce que la décision a été prise d'un commun accord. Décision directement liée à l'entrée au gouvernement du compagnon de la journaliste, Arnaud Montebourg, nommé ministre en charge du Redressement productif.

Audrey Pulvar est aussi chroniqueuse dans l'émission de Laurent Ruquier "On n'est pas couché" sur France 2. La direction de la chaine publique estime qu'il n'y a pas d'urgence à statuer sur le cas de la journaliste. France Télé souligne que l'émission ne recevra aucun invité politique pendant la campagne des législatives.

Audrey Pulvar avait déjà été écartée d'antenne fin 2010, lorsque son compagnon avait annoncé sa candidature à la présidentielle. iTélé avait suspendu son émission et France Inter lui avait retiré son interview politique de 7h50.

Des témoignages édifiants d'ex pompiers bizutés.

Le Parisien donne la parole à d'anciens soldats du feu, visiblement pas surpris par les accusations de viol au sein des pompiers de Paris. L'un d'entre eux se souvient de son passage dans les rangs de cette brigade, à la fin des années 1990. Il parle des coups de pieds dans le casque pour ceux qui ne respectaient pas les consignes. Pour son bizutage, une nuit, il est emmené dans un bois, déshabillé, puis couvert de cirage et d'oeuf, avant que 4 pompiers ne simulent une sodomie sur lui.
Bernard, 41 ans, lui aussi ancien pompier, a eu moins de chance. En 1989, son bizutage dérape : il est frappé dans les parties génitales, et violé avec un balai enduit de cirage. Après avoir dénoncé ses camarades, il a du subir l'exclusion : l'affiaire a finalement été étouffée, son contrat n'a pas été renouvelé.

Un nouvel Arsène Lupin arrive en librairie.

Le gentleman cambrioleur reprend du service. Les éditions Balland publient mardi prochain son ultime aventure, intitulée "Le dernier amour d'Arsène Lupin." Il s'agit d'un original, souligne Le Figaro Littéraire, qui dormait dans un placard de la petite-fille de Maurice Leblanc, le créateur du héros. Jamais, depuis la mort de l'auteur en 1941, un inédit de Lupin n'avait été publié. Le texte a été écrit en 1936 et 1937.
Jusque-là, la famille estimait que cette histoire n'avait pas la qualité de L'Aiguille creuse, l'un des chefs-d'oeuvre de l'écrivain. L'éditeur Jean-Claude Gawsewitch a réussi à convaincre l'héritière de Maurice Leblanc. Les amoureux du gentleman cambrioleur découvriont un Lupin très moderne : il se transforme dans cet épisode en éducateur de rue pour enfants pauvres, dans la banlieue nord de Paris. L'histoire fait écho parait-il aux problèmes des banlieues d'aujourd'hui.

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