Une bombe atomique sur Hiroshima, décision militaire et politique

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Pour comprendre le refus américain de s'excuser pour Hiroshima, il faut revenir aux arguments utilisés par le président Truman en août 1945 pour justifier l'usage de l'arme atomique.

Retour le 6 août 1945. Harry Truman annonce aux Américains l’envoi de la première bombe atomique de l’histoire.

"Le monde va apprendre que la première bombe atomique a été lâchée sur Hiroshima, une base militaire. Nous l’avons fait pour écourter les souffrances de la guerre, pour sauver la vie de milliers et de milliers de jeunes Américains. Nous avons l’intention de continuer de l’utiliser tant que nous n’aurons pas totalement détruit la capacité du Japon à faire la guerre."

Truman présente donc cette opération comme exclusivement militaire, comme un moyen de terminer plus rapidement la guerre et de sauver les vies de milliers de soldats américains, de 500.000 Américains même selon le président américain. De fait, après une nouvelle bombe sur Nagasaki trois jours plus tard, le Japon capitulera le 2 septembre 1945.

Le Japon, coupable de ne pas avoir accepté l’ultimatum posé par les Américains en juillet précédent, en particulier la destitution de l’Empereur. En d’autres termes, c’est par la poursuite de la guerre, notamment par les kamikazes, que les Japonais auraient forcé les Américains à agir.

Simple fait de guerre donc, renforcé par les propos de Truman qui présente dans cet extrait Hiroshima comme une simple base militaire alors que c’est une grande agglomération de près de 300.000 habitants. S’excuser d'avoir sauvé la vie de dizaines de milliers de jeunes soldats américains, et malgré la mort de 80 à 230.000 Japonais à Hiroshima selon les estimations ? Certainement pas, et telle est la position américaine depuis 71 ans.

Mais, il y a d’autres enjeux plus politiques. Retour à la conférence de Potsdam qui se tient du 17 juillet au 2 août 1945. Actualités Françaises :

"Dans cette maison de campagne fleurie, s'est déroulée la conférence qui fut la plus secrète du monde. Le major Attlee, le président Truman et le maréchal Staline ont jeté les bases du monde de demain."

Harry Truman a succédé au président Roosevelt décédé le 12 avril précédent. Truman, un président faible sans expérience internationale qui n’a appris les détails du projet nucléaire américain que le 24 avril. Et le voilà qui se retrouve face à Staline qui compte bien se tailler une influence majeure en Europe et en Asie. Alors pour l’informer mais aussi pour l’impressionner, Truman lui apprend le 24 juillet que l’Amérique possède l’arme atomique et s’apprête à l’utiliser contre le Japon.

A quelques mètres, Churchill guette la réaction de Staline, apparemment heureux de voir le Japon bientôt capituler. Mais quelques instants plus tard, il en informera son ministre des Affaires étrangères, Molotov qui immédiatement réagira en lançant qu’il fallait désormais aller vite. La guerre froide avait commencé.