Sondages et présidentielle : une hirondelle ne fait pas le printemps

François Mitterrand en 1979. Jacques Chirac en 1994. François Hollande en 2011. Quelques mois avant la présidentielle qui allait les porter au pouvoir, tous étaient donnés perdants. Rassurants pour certains, inquiétants pour d'autres, l'histoire a montré que si les sondages parlent d'aujourd'hui, ils ne parlent certainement pas de demain.

Mitterrand en 1979

Le 19 décembre 1979, François Mitterrand, Premier secrétaire du Parti socialiste, est candidat probable à l'élection présidentielle de 1981. Il est l'invité de l'émission de France Inter "Face au Public" et il doit répondre à une question gênante...

"Quand vous lisez les sondages qui autrefois vous portaient en numéro 1 et que vous n'êtes plus au niveau du parti socialiste qu'en numéro 3, est-ce que cela vous inquiète ?"

A cette date en effet, le futur président de la République n'est pas le grand favori des sondages, loin de là. Celui que la gauche voit succéder à Valéry  Giscard d'Estaing, c'est Michel Rocard, surtout depuis l'échec des socialistes de 1978 à prendre la majorité lors des législatives ; échec imputé au Premier secrétaire, François Mitterrand.

La suite est bien connue. Mitterrand arrive à faire mentir les sondages et il est élu président de la République le 10 mai 1981.

 

Chirac en 1994

Ce cas est loin d'être isolé. Plus près encore de l'élection, le 7 novembre 1994, Jacques Chirac est candidat à l'élection présidentielle de 1995 depuis trois jours et le moins que l'on puisse dire, c'est que les sondages ne sont pas bons pour le futur vainqueur.

Crédité d'entre 14 et 16% d'intentions de vote, il est distancé et de loin par le Premier ministre Edouard Balladur qui lui flirte avec la barre des 35%. Mais dans l'émission d'Anne Sinclair "Sept sur Sept", comme Mitterrand quinze ans plus tôt, il n'accorde aucune importance aux sondages.

"Lorsque vous regardez toutes les élections présidentielles passées, vous vous apercevez que ceux qui étaient dans en tête dans les sondages six mois avant les élections ont tous été battus."

Le candidat Chirac va même plus loin en affirmant qu'entre six mois et l'échéance, il y a le débat, la prise de conscience des Fran

"On n'élit pas un président de la République sur des sondages, mais sur l'idée qu'on s'en fait ! "

L'avenir lui donnera raison. Après avoir devancé Edouard Balladur au premier tour, Jacques Chirac sort vainquer de son duel face à Lionel Jospin.

La deuxième partie de la citation est intéressante. Pour Chirac, le sondage n'est pas la réalité et les "vrais Français" donneront leur avis à l'heure dite. Une conception des sondages qui devrait rassurer François Hollande.

 

Hollande en 2011

Ce François Hollande qui, le premier avril 2011, utilisait le même argument lorsqu'au journal de 20H de France 2, il était interrogé sur les sondages le donnant à la traine derrière Dominique Strauss Kahn.

Voilà qui devrait rassurer les uns et inquiéter les autres... A deux ans et demi de la présidentielle, les sondages nous parlent d'aujourd'hui, certainement pas de demain

 

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