Saint-Malo, 1998: lune de miel franco-britannique et progrès de la construction européenne

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En décembre 1998, Français et Anglais se retrouvent à Saint Malo pour leur sommet annuel. Peu de nuages dans le ciel des relations entre les deux pays et progrès de l'intégration européenne au menu. Mais ce sera provisoire...

Retour au tout début du mois de décembre 1998. A Saint-Malo se tient un sommet franco-britannique. Au pouvoir depuis le mois de mai de l’année précédente, le Premier ministre britannique Tony Blair se distingue par un discours très pro-européen qui n’est pas sans déplaire au duo français, cohabitation oblige, Lionel Jospin, premier ministre, et Jacques Chirac président et que l’on écoute ici lors d’une conférence de presse à Saint-Malo:

"Nous observons depuis quelque temps, une ouverture plus grande de l'Angleterre, d'ailleurs au niveau de l'opinion publique comme au niveau des autorités, pour aborder les problèmes européens. Et donc, la relation anglo-française et anglo-allemande, ne peut que se renforcer aujourd'hui."

Un vent froid viendra cependant à nouveau rapidement souffler sur les relations entre les deux pays. La raison, le boycott prolongé unilatéralement et contre l’avis de Bruxelles, par la France sur les importations de bœuf britannique dans le contexte de la crise de la vache folle.

Cependant, lors du sommet annuel franco-britannique suivant, cette fois-ci à Londres, les tensions sont aplanies et les bases d’une défense européenne posée à Saint Malo deviennent plus concrètes. Serge Martin est l’envoyé spécial de Radio France en Angleterre:

"Français et Britanniques ont jeté, ici à Londres, les bases d'un renforcement d'une Europe de la Défense et de la Sécurité. Dans un texte commun, Paris et Londres proposent notamment la création d'une force d'action rapide riche de 50 à 60.000 hommes...Mais en aucun cas il ne s'agit de remplacer l'OTAN, seulement de renforcer les capacités, c'est ce que Tony Blair, Lionel Jospin et Jacques Chirac ont tenu à répéter."

Vous l’avez entendu, pas question d’une Europe de la défense indépendante des Etats-Unis, celle-ci sera très encadrée par l’OTAN limitant un peu l’europhilie de Tony Blair. 

Et nous rappelant l’actualité des mots prononcés par Churchill à de Gaulle lors d’une discussion houleuse :

  "Sachez-le ! chaque fois qu’il nous faudra choisir entre l’Europe et le grand large, nous choisirons le grand large !"

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