Quand on limitait la vitesse...pour faire des économies (1973)

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En 1973, après quelques expérimentations, les limitations de vitesse sont enfin imposées sur la totalité du territoire national. Le nombre de morts sur les routes dépassait alors 16.000. Mais c'est sur un autre argument qu'insiste le pouvoir en place.

Retour au début du mois d’avril 1960, pour l’une des premières fois, les automobilistes sont bridés autrement que par la puissance de leur moteur…

Le journaliste Roland Dordhain est sur le bord de la route:

 

"Je suis au-delà de la Nationale 13, et j'ai constaté que déjà étaient nombreux les automobilistes qui, peut-être, mettaient à profit l'heure de répit avant les mesures de limitations de vitesse qui entraient en vigueur à six heures du matin"

On avait fait en 1958 et 1959 quelques expérimentations sur quelques tronçons particulièrement dangereux, mais là, c’est à l’échelle nationale que l’on limite à 100 km/heure la vitesse sur les routes.

Cependant, aucune limitation sur les autoroutes et cette limitation ne concerne que les week-ends jusqu’en octobre.

A partir d’octobre 1960, donc, les automobilistes retrouvent leur liberté. Une liberté entravée seulement pour quelques expériences, ou pour les jeunes automobilistes une limitation spécifique à partir de 1969. Mais une liberté qui a un coût de plus en plus élevé:

En 1972, 16.610 personnes sont tuées sur les routes françaises. Un chiffre insupportable. Il faut interpeller l’opinion publique. La première chaîne de télévision lance une opération choc à Mazamet, ville du Tarn, qui compte précisément 16.610 habitants. En mai 1973, toute la ville s’allonge par terre.

 

"Les Mazamétains, dans leur grande majorité, se sont couchés. Certains ont douté, mais ils l'ont fait comme un seul homme, et sont restés ainsi près de 15 minutes, le temps pour les caméras d'enregistrer les images d'une ville symboliquement morte"

Un mois plus tard, en juin, sur toutes les routes de France la vitesse est limitée à 100km/h. En décembre, on appliquera enfin une limitation sur les autoroutes à 120km/h. Mais comme si l’argument sécuritaire ne suffisait pas, à la fin du mois de novembre 1973, le premier ministre Pierre Mesmer insiste sur un autre argument :

 

"Je veux maintenant vous parler des décisions qui ont été prises. Il nous faut économiser l'essence auto. Nous avons donc décidé  de limiter la vitesse."

 

40 ans plus tard, il ne viendrait à l’idée de personne de justifier une nouvelle limitation de vitesse par les économies d’essence, ce qui témoigne d’une évolution des mentalités. Une évolution à laquelle ont contribué les habitants de Mazamet.

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