Quand le PS changeait le mode de scrutin pour faire barrage au FN dans les régions (1998)

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Au lendemain des régionales de 1998 à l'issue desquelles le PS considère s'être fait "voler" la victoire par les alliances RPR-UDF/FN dans cinq régions, le mode de scrutin est changée.

Retour au lendemain des élections régionales de mars 1998. A l’époque, et pour la dernière fois, cette élection se tient au scrutin proportionnel et sur un seul tour de scrutin. Seules les régions Limousin et Pays de la Loire connaissent une majorité absolue. Dans toutes les autres régions, il faut négocier entre les listes en vue de l’élection du président de la région qui doit se tenir le vendredi suivant le suffrage du dimanche.

Des jours dramatiques, d’autant que dans plusieurs régions, les candidats de la droite de gouvernement négocient avec le Front national pour conserver ou ravir des régions à la gauche. Christophe Hondelatte:

"Un tremblement de terre signé Le Pen secoue la droite française. De plus en plus de voix des militants du RPR et de l'UDF s'élèvent en faveur d'alliances avec le Front national. Spectateur, le Parti socialiste demande au président de la république, Jacques Chirac, de dire à ses amis qu'il y a des limites à ne pas franchir."

Très vite, presque immédiatement même, la gauche qui considère s’être fait  "voler" sa victoire électorale par les arrangements entre le FN et la droite dans cinq régions, (Rhône-Alpes, Picardie, Languedoc-Roussillon, Bourgogne et Centre)  parlera de  "vendredi noir" pour qualifier le jour de l’élection des présidents de région et appellera de ses vœux une réforme du mode de scrutin.

Et cinq jours plus tard seulement à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Lionel Jospin lance le processus :

"Je prends l'engagement ici devant vous que le gouvernement présentera rapidement des propositions de réforme des modes de scrutin, et au premier chef  du mode de scrutin pour les élections régionales."

Et si le président de la république Jacques Chirac s’y est montré hostile, cette réforme du mode de scrutin électoral est votée en janvier 1999 et entre en application lors des élections de 2004. Depuis malgré quelques aménagements, nous votons sur deux tours, avec un scrutin toujours proportionnel mais qui accorde une prime d’un quart des sièges à la liste arrivée en tête.

Reste qu'à lire les sondages, 17 ans après les élections de 1998, la réforme du scrutin ne suffit plus pour barrer la route du FN à l’assaut des exécutifs régionaux.

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