Quand la France organisait les Jeux olympiques de 1924

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En juillet 1924, la France accueille la 8ème olympiade. Pierre de Coubertin rêve de jeux universels. Mais la France ne l'entend pas de cette oreille.

Retour le samedi 5  juillet 1924. Dans le magnifique stade de Colombes construit pour l’occasion s’ouvrent les Jeux olympiques de Paris.

Ce n’est pas la première fois que la France accueille l’événement, mais la première fois, en 1900, les Jeux étaient noyés dans l’exposition universelle, et ces deuxièmes J.O. depuis leur rétablissement n’avaient pas été considérés par Pierre de Coubertin comme une réussite. Dans ses mémoires publiées en 1931, il écrira au sujet des J.O de 1900 :

"S'il y avait un endroit au monde où l'on se montrait indifférent aux Jeux olympiques, c'était avant tout Paris ."

Pour ses derniers Jeux à la tête du C.I.O., Coubertin veut laver ce mauvais souvenir. Paris 1924 doivent être de grands Jeux olympiques.

De fait, ces J.O. sont une réussite, populaire et sportive avec plus de 40.000 personnes lors de la cérémonie d’ouverture, énormément de monde aussi pour assister aux épreuves de natation à la piscine des Tourelles construite pour l’occasion et où brille un américain, John Weissmuller qui bientôt deviendra Tarzan; même chose pour les épreuves d’athlétisme où le dieu du stade est un finlandais, Paavo Nurmi, qui le 10 juillet, remporte la finale du 1.500 m, et deux heures plus tard, celle du 5.000 m !

Succès médiatique aussi : 700 journalistes accrédités, et pour la première fois des épreuves commentées en direct à la radio.

Mais, il y a un mais. En 1920 à Anvers, les vaincus de la Première Guerre mondiale n'avaient pas été invités aux J.O. Pierre de Coubertin, fidèle à son idéal, espère bien que les J.O. de Paris seront universels. En 1922, il déclare :

"Quoiqu’il arrive, les athlètes allemands seront présents à Paris. Je veux des Jeux internationaux. Je ne permettrai pas que l’Allemagne soit exclue une fois de plus ."

Et pourtant, le pays organisateur n’invite pas l’ennemi d’hier. L’argument est donné par Jean Noblemaire, rapporteur du budget des J.O. de Paris :

"Il est absolument indispensable que la France ne perde pas ce prestige que lui a donné le sport suprême : la guerre ."

"Prestige", le mot est lâché. Hier, comme aujourd’hui, les Jeux olympiques, c’est du sport, mais ce n’est pas que du sport.

 

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