Quand la Chine partait à l'assaut de l'Afrique (1963)

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On pense souvent à tort que l'Afrique attire les appétits chinois depuis quelques années. En fait, l'intérêt est ancien, et repose sur des principes encore d'actualité.

Retour ce matin au mois de décembre 1963. Il se passe quelque chose de très important dans les relations internationales et même si nous sommes en pleine guerre froide, cela ne concerne ni les Etats-Unis, ni l’URSS.Puisqu’il s’agit, pour reprendre les mots de l’époque…

 

"...du voyage du leader jaune, Zhou Enlai, à travers le continent noir. Cette grande initiative diplomatique, c'est évidemment un événement. C'est la première fois que la Chine envoie une délégation aussi importante en terre africaine."

Accompagné de son ministre des affaires étrangères, Chen Yi, le premier ministre chinois Zhou Enlai entreprend en effet une tournée historique en Afrique. Historique et de grande ampleur : Dix pays visités en deux mois entre les mois de décembre 1963 et février 1964.

Largement isolée sur la scène internationale après le schisme avec l’URSS et pas encore rapprochée des Etats-Unis, la Chine accorde une importance capitale à ce rapprochement avec l’Afrique où le modèle d’un communisme qui s’appuie sur la paysannerie peut séduire.

Dans une Afrique largement sous influence française ou britannique, Zhou Enlai commence sa tournée par l’Égypte, mise au ban par l’Europe pour avoir nationalisé le canal de Suez, puis  la Guinée et le Mali, les deux Etats ayant refusé la Communauté des États africains proposée par le général de Gaulle. La Chine s'engage qui plus est à refuser toute ingérence dans les affaires africaines

Et si la Chine vient y chercher du cobalt nécessaire à son programme nucléaire ou du cuivre, elle vient y chercher aussi un soutien politique qui porte ses fruits en 1973.

 

"76 voix pour. 34 voix contre. A 4h14 ce matin, la Chine communiste, la Chine de Pékin, a été admise à l'ONU"

 

Et je ne vous étonnerai pas en vous disant que de tous les continents, l’Afrique fut celui qui émit le plus de votes favorables à l’admission de la Chine populaire (26 voix).

Entre recherche d’influence et intérêts pour les matières premières tout en refusant toute ingérence dans les affaires intérieures africaines, 52 ans après ce premier voyage, la politique africaine de la Chine est d’une remarquable constance.

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