Marée noire : et tout commença avec le "Torrey Canyon"...

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La préfecture de Charente-Maritime a annoncé le déclenchement du Plan Polmar, vendredi 15 mars. De quoi mobiliser tous les moyens et de les coordonner sous l’autorité du préfet pour lutter contre les effets de la marée noire consécutive au naufrage du "Grande America". Un dispositif déjà bien éprouvé, depuis une cinquantaine d’années.

Dans ce domaine comme tant d’autres, il aura fallu attendre une catastrophe pour agir. Cette catastrophe, elle a lieu le 18 mars 1967, au large de la Cornouailles. Le "Torrey Canyon" fait naufrage. A bord du tanker, 120.000 tonnes de pétrole qui se répandent dans les eaux. La catastrophe inspirera à Serge Gainsbourg une chanson, enregistrée à Londres en juin 1967, qui insiste sur l’enchevêtrement des responsabilités et des nationalités.  

Face au drame du "Torrey Canyon", l'impréparation domine

L’urgence en mars et avril 1967, c’est de protéger les côtes anglaises et bientôt françaises.
Les côtes nord de la Bretagne et la pointe du Finistère sont atteintes malgré le bombardement du navire par la Royal Air Force. Le choc est total pour les populations locales. Il faut dire que c’est la première grande marée noire. L’impréparation est totale. On agit dans l’urgence, sans aucune coordination ni réflexion à moyen terme. Le bombardement du navire est illégal car il a lieu dans les eaux internationales, les produits utilisés pour disperser la nappe sont plus toxiques que le pétrole lui-même, et quand le pétrole atteint les côtes françaises, les actions ne sont pas coordonnées entre les différentes autorités.  

Une prise de conscience qui débouche sur le plan Polmar

C’est en 1971 que ce plan qui comporte un volet pour l’action sur terre et un sur mer est lancé. Sept ans plus tard, en mars 1978, il est déclenché après le naufrage d’un tanker qui transporte près de deux fois plus de pétrole que le "Torrey Canyon". Mais le plan ne suffit pas. Il faut dire que le navire est très proche des côtes françaises :  les barrages sont insuffisants, les produits censés disperser le mazout sont inefficaces et à nouveaux toxiques, et le pétrole souille 400 km de côtes que des milliers de volontaires nettoieront pendant des mois.

Le plan Polmar a été utile, mais très vite il sera accompagné de mesures de prévention sur les navires. L’incendie à bord du "Grande America" nous prouve que nos côtes sont toujours bien fragiles face aux risques.  

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