Les maires de France, entre colère, peur et renoncement

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S’ouvre aujourd’hui à Paris le 101ème congrès de l’Association des maires de France. Hier, Emmanuel Macron a écrit aux maires pour les rassurer et comme l’an dernier, il en recevra 1000 ce soir à l’Elysée histoire là aussi d’éteindre le feu qui couve…Cette colère des maires que tente d’endiguer Emmanuel Macron, c’est déjà de l’histoire ancienne, mais cette année, elle semble différente. 

Une colère qui remonte aux années 1970

Et ce n’est pas un hasard, cette colère s'exprime dans un contexte budgétaire contraint par la crise économique sur laquelle se sont brisées les Trente Glorieuses. Les maires se font entendre en 1975, une colère mais toujours avec eux, on le verra, une colère qui se nourrit de l’inquiétude, voire même de la peur…  

Les maires ne mâchent pas leurs mots. C'est un ras-le-bol exprimé à l'unanimité sans référence à une idéologie. La plus grande inquiétude des maires, c'estde mettre leur ville en état de cessation de paiement. Ils réclament la rétrocession de la TVA aux communes

 

Une inquiétude et une colère qui produits des effets

Sans entrer dans le détail d’une question hyper technique et complexe, retenons qu’à partir de 1975, et dans la foulée donc de ce mouvement de colère des maires de France, est envisagée la création d’une Dotation globale de fonctionnement, qui entre en application en 1979 et qui est constitué d’une partie importante de la TVA, 16,5% en 1979.

C’était une revendication des maires dans l’extrait, donc oui, leur colère a bien été entendue par l’Etat.

Par la suite, les très nombreuses réformes des dotations de l’Etat vont susciter parfois la colère des maires ruraux ou des maires des grandes villes, mais il faut attendre 2009 pour retrouver une colère collective, commune et transpartisane…

La gronde de 2009 contre la suppression de la taxe professionnelle et le résignation actuelle

Malgré cette colère, exprimée lors du congrès de l'association des maires de France de 2009, un an plus tard la taxe professionnelle sera bel et bien supprimée   au grand dam des maires qui, malgré des compensations, verront leurs dotations baisser chaque année pendant 6 ans, entre 2011 et 2017.

Et si pour 2018, cette baisse est endiguée, la fin programmée de la taxe d’habitation suscite à nouveau ce sentiment mêlée de colère et d’inquiétude, un sentiment, qui cette année se double d’un renoncement qu’on ne ressentait pas à ce point lors des crises passées.

La moitié des maires de France ne souhaiterait pas se représenter en 2020.   

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