Le FN et la peur, l'arroseur arrosé?

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Le FN n'a cessé de jouer sur les peurs depuis le début des années 1980. Peur des étrangers, de la mondialisation, de l'Europe. Le FN a développé un discours apocalyptique qui semble porter ses fruits aujourd'hui. L'argument de la peur parait à ce point efficace qu'aujourd'hui, c'est Manuel Valls qui l'utilise contre le FN.

Nous sommes le 16 octobre 1985. Le président fondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen est l’invité de "L’Heure de Vérité" sur Antenne 2. Un téléspectateur lui demande s’il ne serait pas temps de mieux intégrer les étrangers en France. La réponse de Jean-Marie Le Pen est déroutante: 

"Se constitue de véritable ghettos, de véritables villes étrangères, et nous nous trouvons là face à un problème qui constitue les prémices du problème libanais "

 Toute la stratégie du FN des années 1980 pourrait se résumer dans cet extrait. Un discours xénophobe, et le suffixe  "phobe", la peur, trouve ici son sens le plus parfait. Imaginez : les étrangers font plonger la France dans une situation libanaise, et quand on sait l’état dans lequel est le Liban en 1985 on comprend le caractère volontairement anxiogène des propos tenus par Jean-Marie Le Pen.

Un discours que Le Pen martèlera pendant des années et des années comme par exemple onze ans plus tard, lors d’une réunion publique à La Grande-Motte en octobre 1996. Désormais c’est le risque d’une véritable invasion qu’il agite 

"La majorité des immigrés qui entrent dans notre pays ne sont pas des Africains, ce sont des Asiatiques...L'Inde, un milliard d'hommes, la Chine, un milliard et demi"

 

Avec Marine Le Pen, le discours un peu simpliste de la peur des étrangers se complexifie, c’est désormais la peur de la mondialisation et du capitalisme qui est également mis en avant. Mais toujours la même idée de la peur de la dilution de la France avec un discours apocalyptique, convoquant régulièrement les ténèbres. voici ce qu'elle dit lors de son traditionnel discours du 1er mai, ici en 2013 : 

Il y a un an ici, nous nous retrouvions pour avertir les Français, pour leur dire qu'en remplaçant un président du système par un autre président du système, il n'y avait d'autre issue que la poursuite des temps obscurs...

Le grand paradoxe, c’est que le Premier ministre Manuel Valls a lui-même utilisé la peur pour détourner les électeurs du FN, en espérant peut-être que la stratégie longtemps gagnante du parti d’extrême droite profite désormais au pouvoir en place. En somme, que l'arroseur devienne l'arrosé.

 

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