Le "FBI européen", ce serpent de mer qui ressort après chaque attentat

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Depuis les attaques du 11 septembre 2001, à chaud, après chaque attentat, des responsables européens appellent à la création d'un "FBI européen". À chaque fois, l'idée est enterrée.

Retour au 14 septembre 2001. Le monde est encore sous le choc des attentats du 11 septembre. Outre leur solidarité affichée, les pays européens réfléchissent aux mesures à prendre pour éviter de tels actes sur le continent.

Sécuriser en urgence les aéroports

Les premières mesures sont des mesures d’urgence et concernent la sûreté du transport aérien et des aéroports. Trois jours  après les attentats de New York, à l’issue d’un sommet européen, Isabelle Durant, ministre belge des Transports, prend la parole : "Les mesures d'urgence sont des mesures qui visent, par exemple, à sécuriser mieux le périmètre des aéroports qui parfois sont des périmètres accessibles ou trop facilement accessibles. Deuxièmement, à mieux contrôler les passagers et les bagages de façon plus systématique. Et troisièmement, de contrôler mieux les identités." Des propos qui résonnent tragiquement 15 ans plus tard. A-t-on failli ou est-ce tout simplement impossible de sécuriser un aéroport ? L’enquête le dira.

Ooutre ces mesures d’urgence, la question de la coopération des services de renseignement des pays européens est posée. Une expression fait à l’époque florès, entendue notamment dans le bouche de Pierre Moscovici, ministre des Affaires européennes, le 8 octobre 2001 : "La réponse ne peut pas être simplement nationale. Elle doit être aussi européenne. Donc il faudra le développement d'une sorte de FBI européen. Il faudra qu'on définisse enfin un mandat d'arrêt européen plutôt que des procédures d'extradition qui sont extrêmement longues."

Un projet enterré

Si le mandat d'arrêt européen sera une réalité quelques mois plus tard, et permet aujourd’hui d’envisager une extradition rapide de Salah Abdeslam, le FBI européen, et ce qu’il implique d’intégration entre les différents services de renseignements européen, est enterré.

Nouvel attentat -cette fois-ci en Europe, à Madrid en mars 2004- et revoilà le FBI européen.

Il faut de nouveaux outils. Il faut davantage de coordination des services de renseignements.

Michel Barnier, commissaire européen, le 17 mars 2004.

Là encore, l’urgence de la réponse laisse bientôt la place à la réticence des États. Le FBI européen est renvoyé aux calendes grecques. Il y a quelques mois, Rob Wainwright, le directeur d’Europol reconnaissait que l'Office européen de police n'était "pas le FBI européen" : "Nous avons essayé de motiver les États à partager leurs données contre-terroristes via le hub d'information d'Europol. Il y de grandes améliorations ces deux dernières années. Mais, nous n'avons pas encore atteint le niveau souhaité."

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