La fête des mères, d'une fête nataliste à une fête populaire

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Contrairement à une légende vivace, Vichy n'a pas "inventé" la fête des mères. Mais le régime de Pétain, en incluant les enfants, a contribué de manière décisive à en faire la fête populaire qu'elle est aujourd'hui.

Retour à la fin du mois de mai 1941, le régime de Vichy célèbre les mères. Le speaker des actualités, avec emphase:

 

"La France fête aujourd'hui les mères. Fête émouvante en l'honneur de celle qui est véritablement l'âme de la famille et qui transmet avec la vie, les vertus qui font les peuples forts. Dans les mairies, les familles de plus de cinq enfants reçoivent un diplôme officiel. Mais la fête de la famille est aussi celle des enfants, et un goûter leur apporte joie et plaisir."

 

Contrairement à une légende vivace, Vichy n’a pas inventé la fête des mères. On les célébrait déjà dans les années 1920, et à travers, elle, comme à Vichy, les familles nombreuses. Il s’agissait en fait de promouvoir la natalité dans un pays qui se caractérisait alors par son malthusianisme.

Mais tout change avec Vichy, qui non seulement en fait une célébration nationale inscrite au calendrier, mais qui a surtout l’idée d’inclure les enfants, on l’a entendu dans l’archive de 1941.

Une affiche apposée dans les écoles pour la journée du 25 mai 1941 proclamait :

 "Ta maman a tout fait pour toi, le Maréchal te demande de l’en remercier gentiment…"

Et au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans les décombres de Vichy, on sauve la fête des mères et la politique familiale qui l’accompagnait. Mais, la fête des mères conserve un caractère très officiel qui agace comme ici dans une émission de radio consacrée à cette journée:

 "Une fois de plus, les Français bailleront devant des solennités conventionnelles et fastidieuses..."

 

Bien rapidement cependant, dans le tourbillon des Trente Glorieuses,, la fête des mères devient une fête populaire, le temps de la « grande conspiration » comme le montre cette savoureuse archive de 1962:

 

"Dans tous les foyers, la grande conspiration annuelle de la reconnaissance s'est nouée. Et dans la rue même, l'approche de la fête des mères a déclenché une vaste offensive d'affiches et de pavois. C'est l'heure où les tirelires se cassent. Dans les écoles, on prépare la surprise. Cette oeuvre d'art innocent où on a mis son coeur et sa reconnaissance avec sa joie...Le fête des mères."

 

Et quand on sait que 60% des Français achètent systématiquement un cadeau à leur mère, pour un montant moyen de 40 euros, on se rend compte que la fête des mères c’est aujourd’hui de l’amour…mais aussi du commerce.

PS. Si j'oublie, bonne fête maman.

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