Histoires d'Info. Westminster, cœur de la démocratie britannique

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Cible d'une attaque mercredi, Westminster est à la fois le gardien des traditions monarchiques et le symbole du bon fonctionnement du régime parlementaire. Retour sur quelques aspects de son histoire millénaire.

Nous sommes en novembre 1950, un moment essentiel dans la vie démocratique britannique, la réouverture de la Chambre des Communes. Les travaux avaient commencé dans les années 1930 mais avaient été arrêtés pendant la guerre, les Nazis avaient pris pour cible 14 fois le palais de Westminster et évidemment ce n’est pas un hasard. Mais jamais Big Ben ne cessa de retentir pendant toute la guerre, faisant la fierté des Londoniens. En 1950, la réouverture de la Chambre des Communes marque, symboliquement et avec faste, la vitalité de la démocratie britannique. Un journaliste raconte : "À Londres, les membres du Parlement britannique, lords et députés réunis, ont solennellement célébré l'inauguration de la nouvelle Chambre des communes. […] Mais, comme une tradition vieille de 300 ans interdit au souverain l'entrée de la chambre, c'est à Westminster Hall que s'est déroulée la cérémonie, entourée de tout le faste qui s'attache aux manifestations de la vie publique anglaise. [...] Il devait ensuite rappeler les vertus essentielles du parlementarisme britannique, à la fois gardien de la tradition monarchique et des libertés du peuple anglais. »

Un cours accéléré sur les institutions britanniques

Les deux chambres, la Chambre des Communes et la Chambre des lords, qui toutes deux siègent à Westminster et la monarchie avec, vous l’avez noté, l’interdiction absolue pour le monarque de se rendre dans la Chambre des Communes, une interdiction qui date de 1642, date à laquelle le roi Charles Ier y était entré pour tenter d’arrêter cinq parlementaires. C’est le signe de la stricte séparation des pouvoirs. Le discours du trône prononcé chaque année par le monarque, l’est dans la Chambre des Lords, toujours à Westminster. C’est une monarchie, mais une monarchie parlementaire.

Westminster est le symbole de la solidité des institutions britanniques

Le général de Gaulle, en visite officielle en Angleterre en avril 1960, prononce un vibrant discours dans le Westminster Hall, le plus vieux bâtiment de Westminster, il date de 1097, construit par le fils de Guillaume le Conquérant. "Aujourd’hui, à Westminster, je tiens à rendre cet hommage, annonce l'ancien président de la République. Dépourvus de textes constitutionnels minutieusement agencés, vous pratiquez votre régime dans l’équilibre et dans la sagesse et vous assurez en chaque occasion, vous assurez le bon rendement de la démocratie."

Le pourfendeur du parlementarisme en France rendant hommage au parlementarisme britannique, expression et condition de la démocratie. Pas étonnant que les ennemis de la démocratie s’y soient attaqués, hier comme aujourd’hui.