Histoires d'info. Trump, les éléphants et la virilité retrouvée

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

L’administration Trump vient de réautoriser l'importation de trophées d'éléphants venant des chasses en Afrique, au Zimbabwe et en Zambie. Une nouvelle qui va faire grincer des dents.

L'annonce va faire hurler les défenseurs de la vie sauvage. L’administration Trump vient de réautoriser l'importation de trophées d'éléphants venant des chasses en Afrique, au Zimbabwe et en Zambie.

De l'anti-Obama pour expliquer la mesure

Il y a d’abord la volonté que nous avons souvent évoquée ici ensemble, de détricoter quasi pas à pas les politiques mises en place par l’administration Obama, puisque l’interdiction d’importer des trophées d’éléphants venant des chasses d’Afrique, date de 2014. Elle avait suivi la publication d’un rapport s’inquiétant de la baisse dangereuse de la population de pachydermes en Afrique. Entre 2007 et 2014, leur nombre a baissé de 30% et jusqu’à 75% dans certains pays. Il faut savoir que les éléphants font partie des espèces menacées protégés par une loi américaine ce qui implique que l’Etat prenne des mesures pour protéger ces espèces, y compris à l’étranger. 

Une décision présentée comme "légale" 

Voici l’argument de l’administration : "Cette chasse, légale, encadrée, sportive, permettra d’engranger de l’argent pour les Etats africains concernés qui pourront ainsi faire plus d’efforts pour la conservation des éléphants". Quand on voit l’état de déliquescence dans lequel est le Zimbabwe, on peut douter de ce cercle vertueux.
C’est surtout une belle victoire du Safari Club International, basé dans l’Arizona qui a fait énormément de lobbying, avec d’ailleurs l’aide de la National Rifle Association (NRA) et des fils Trump qui adorent ces chasses en Afrique. Leur combat n’est pas fini : après les éléphants, ce sera au tour des trophées de lions, de rhinocéros, de buffle et de léopards.

Référence à la "virilité" du pays 

La présidence Trump ne cesse de regarder vers le passé (MAGA - Make America Great Again) apparemment glorieux. Et comme Reagan avant lui, le déclin de l’Amérique est perçu comme un déclin de sa virilité, c'est-à-dire une Amérique féminisée et endormie par un Etat tout puissant. La chasse, c’est la vie au grand air, la liberté, loin de l’Etat. Cette idée n’est pas nouvelle. Le premier président à avoir volontairement joué sur ce registre, c’est Théodore Roosevelt, président au tout début du XXe siècle, au moment où l’Amérique se féminisait et s’endormait selon lui. Il est parvenu au pouvoir en se présentant comme un vrai cowboy, passionné par la chasse qu’il décrivait ainsi dans un livre publié en 1889 : "La chasse est l’un des meilleurs passe-temps : elle cultive cette virilité vigoureuse indispensable à la nation."  Il y a aussi beaucoup de cela dans la décision de Trump…