Histoires d'Info. Shimon Peres grand coordinateur du projet nucléaire israëlien

Shimon Peres, mort à l'âge de 93 ans dans la nuit du mardi 27 au mercredi 28 septembre, restera comme le grand artisan du programme nucléaire israëlien.  Dès 1957, la France fournira d'ailleurs un réacteur nucléaire à l'Etat hébreu. 

Début novembre 1956, dans un conflit régional, déclenché par la nationalisation du Canal de Suez par l’Egyptien Nasser : "En Méditerranée devant Haïfa, un destroyer égyptien envoyé pour bombarder la ville avait rapidement été pris en chasse et s'était rendu presque sans combat. Sous les rires de la foule israélienne, ses 250 hommes d'équipage étaient débarqués à Haïfa en petite tenue..." 

Israël et ses alliés, deux actionnaires du Canal de Suez, la France et le Royaume-Uni participent aux opérations militaires. Des opérations qui s’achèveront bien vite. Ramenés au pas par les Etats-Unis et l’URSS, les trois alliés acceptent un cessez-le-feu plutôt humiliant. Voilà pour l’histoire officielle que l’on raconte alors.

Ce qu’on ne dit pas, et c’est bien normal, c’est qu’avant l’intervention militaire en Egypte, dans le plus grand secret, du 21 au 24 octobre 1956, s’étaient réunis à Sèvres les délégations française et israélienne. Pour Israël, le président Ben Gourion, le ministre de la défense Moshe Dayan et le jeune Shimon Peres qui œuvre depuis plusieurs années à se faire connaître et apprécier des élites de la IVème république.

Alors que les réunions sur la stratégie militaire à conduire s’achèvent, Pérès ajoute une demande

Elle concerne le nucléaire et doit garantir la sécurité d’Israël. C’est ainsi que naîtra dans le plus grand secret, conservé jusqu’à aujourd’hui,  le projet d’armement nucléaire israélien avec la centrale de Dimona dont le réacteur de recherche sera fourni par la France dès 1957. Shimon Peres en assurera personnellement la conduite. Dans les années 1960, avec le refroidissement des relations entre Israël et la France, l’Etat hébreu trouvera un soutien financier et technique à Washington pour prolonger son programme nucléaire. En 1998, Peres déclarera que ce programme nucléaire avait pour objectif d’avoir non pas  "Hiroshima" mais  "Oslo".

Peres restera dans l’histoire comme étant l’homme d’Oslo. Et il peut y avoir une forme d’incohérence à faire de Pérès à la fois l’homme de la paix et de l’armement nucléaire à moins que de considérer que peut-être dans l’esprit de Peres le programme nucléaire israélien et Oslo avaient un point commun : assurer la sécurité et la survie d’Israël. Et pour finir et nourrir cette hypothèse, voici ce que disait Shimon Peres en 1981 :

Je pense que dans peut-être dix ans nous aurons dans le Moyen-Orient les armes nucléaires qui vont manacer les Arabes, les Juifs [...] Je pense que la paix est nécessaire pour nous et nécessaire pour les Arabes

Shimon Peres

ancien Premier ministre d'Israël