Histoires d'info. On parle déjà de la suppression de passages à niveau dans les années 1960

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C'est à la fin des années 1950 que s'est vraiment opérée une prise de conscience sur la dangerosité des passages à niveau. Les accidents étaient alors très fréquents.

Régulièrement, trop régulièrement, on reparle des passages à niveau et des accidents dramatiques qui impliquent un train et une voiture, un camion ou un car, comme on l’a vu jeudi 14 décembre, à Millas, dans les Pyrénées-Orientales. C’est à la fin des années 1950 que l’on a vraiment commencé à prendre conscience de la dangerosité des passages à niveau, les accidents y étaient alors très fréquents.

C’est à cette période que l'on a commencé à voir fleurir aux bords des passages à niveau de la SNCF, une pancarte sur laquelle était inscrite une mention de prudence : "Un train peut en cacher un autre." Des panneaux qui sont toujours visibles, ce qui en dit long sur la permanence du problème.

Il y a 60 ans, une problématique différente 

Il y avait dans les années 1950 et 1960, plus de 30 000 passages à niveau en France métropolitaine. Il y en a deux fois moins aujourd’hui et surtout, il y a 50 ans, les passages n’étaient pas tous automatiques. Voici ce que disait un responsable de la SNCF sur le sujet, en 1964. À l’époque, la moitié des passages à niveau dispose d'une présence humaine avec un garde-barrière. Seulement quelques centaines sont automatisés, quant aux autres, ils dépendent d'"un coup de sifflet".

Le représentant de la SNCF explique que "pour ces 11 500 passages à niveau, peu fréquentés et qui ont une très bonne visibilité, un signal impose au mécanicien d'émettre un coup de sifflet, lorsqu'il va aborder le passage à niveau et où, normalement, la sécurité de l'usager est engagée par sa seule prudence". Un journaliste lui demande alors si la France tend vers la disparition progressive des passages à niveau. Le responsable de la SNCF répond : "On ne peut pas faire disparaitre 30 000 passages à niveau du jour au lendemain." 

La question de l'amélioration de la sécurité se pose après chaque accident sur un passage à niveau et la réponse tient toujours compte du coût et de l'aménagement du territoire. "On ne peut pas dire très sérieusement qu'on va éviter le croisement des voies ferrées et des routes, si ce n'est à investir des centaines de milliards qu'on n'a absolument pas", a déclaré sur franceinfo vendredi, Alain Vidalies, ancien secrétaire d’État chargé des Transports. 

De plus en plus de passages automatisés

Il y a vingt ans, en 1997, il y avait encore plus de 4 000 passages, avec ce simple coup de sifflet d'alerte et des automobilistes devant freiner. Ce n'étaient pas les lieux les plus dangereux. Il restait plus de 2 000 passages avec des gardes-barrières. Les passages à niveau les plus risqués étaient les automatisés, tombant en panne ou faisant l'objet d'imprudences avec des automobilistes prenant le risque de passer. 

Aujourd’hui, il reste encore 2 700 passages à niveau sans signalisation, 770 passages avec un garde-barrière et plus de 10 000 passages à niveau automatisés. Et toujours des accidents, des drames...