Histoires d'info. Lors des accords du Touquet, la France et le Royaume-Uni se préoccupaient déjà de la question des migrants

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La France et la Grande-Bretagne doivent signer un traité sur la question des migrants et ce n'est pas la première fois : il faut remonter aux accords du Touquet en 2003, où la question était déjà évoquée.

La gestion de la frontière entre la France et la Grande-Bretagne faisait partie des accords du Touquet en 2003. Tout commença sous la mer, dans le fracas des travaux et par une poignée de main historique. Nous sommes en décembre 1990 : "A mi-chemin entre la Bretagne et la France, deux marteaux-piqueurs attaquent les trente derniers centimètres de craie bleu. Une page d'histoire se déchire. Philippe Cozette et Robert Graham Fagg échangent une bonne poignée de main. L'Angleterre n'est désormais plus une île, on peut y aller à pied ou du moins, s'y faufiler."

La question est évoquée avant que le Tunnel ne soit achevé

Le Tunnel sous la Manche n’est pas encore achevé et ce ne sont que des ouvriers qui se faufilent dans le tunnel, mais bientôt, tout le monde pourra y passer et des migrants clandestins pourront eux aussi s’y faufiler. La question d’un traitement commun, franco-britannique, des flux migratoires clandestins se posent donc avant même la fin des travaux. Dans ce domaine comme dans d’autres : "Gouverner, c’est prévoir."  Et prévoir, cela passe par une série d’accords entre la France et le Royaume-Uni. Cela commence en 1991 dans un cadre géopolitique nouveau avec la chute du Mur et la crainte de voir affluer des migrants venants des anciens pays de l’Est, attirés par le Royaume-Uni. Cette année-là, en novembre, est signé le protocole de Sangatte qui fixe la cadre de la coopération entre la France et le Royaume-Uni pour lutter conjointement contre l’immigration clandestine.

Face à l’afflux toujours plus important de migrants, des Kurdes et des Afghans, Lionel Jospin, alors Premier ministre, décide de l’installation d’un Centre d’hébergement à Sangatte, géré par la Croix Rouge. En 2002, Nicolas Sarkozy décide de sa fermeture. Un journaliste : "Immigrés clandestins, la France et la Grande-Bretagne se mettent d'accord. À Londres, Nicolas Sarkozy annonce que le centre de Sangatte va définitivement fermer le 30 décembre prochain. Le ministre français de l'Intérieur qui a rencontré son homologue britannique ce matin précise que tous les Kurdes et les Afghans du centre seront accueilli en Angleterre. Pour les autres, une solution sera trouvée, solution que Nicolas Sarkozy qualifie de positive." Une fermeture qui ne règle rien dans la mesure où l’afflux de clandestins ne cesse pas, se déplaçant vers la fameuse "jungle" de Calais. Mais pour l’heure, Nicolas Sarkozy se félicite d’avoir : "Mis fin à un symbole d’appel d’air de l’immigration."

La frontière anglaise déplacée de Douvres à Calais

En février 2003, la France et le Royaume-Uni signent les accords du Touquer, en vertu duquel les garde-frontières britanniques interviennent en France et inversement. Sauf que les migrants clandestins affluent nettement moins dans le sens Royaume-Uni/France. L’accord a toujours été très critiqué en France : trop déséquilibré, notamment parce que le texte prévoit que toute demande d’asile est étudiée sur notre territoire. D’une certaine manière, les Britanniques ont déplacé leur frontière de Douvres à Calais. Et la France doit assumer largement seule la gestion des nombreux candidats au départ vers les îles britanniques. En accueillant plus de mineurs isolés et en fournissant une aide financière supérieure à la France, le Royaume-Uni accepte enfin de rééquilibrer les choses.

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