Histoires d'info. Les rendez-vous de Davos nous intéressent seulement à partir de la fin des années 1980

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Le forum de la ville de Davos en Suisse a été crée en 1971, mais on ne s'y est pas intéressé tout de suite.

Davos, à la radio et à la télévision française, c’est, jusqu’à à la fin des années 1980 d’abord et même uniquement une station de ski en Suisse alémanique dont on ne parle que pour les résultats du slalom de la coupe du monde de ski. Pourquoi ne parlait-on pas du Forum économique et pourquoi commence-t-on à en parler, et même beaucoup, à la fin des années 1980 ?

Nous avons trouvé une clef d’explication dans ce reportage, depuis Davos, d’une d’une des voix de France Inter de l’époque, Bernard Brigouleix. Nous sommes en janvier 1990 : "En quelques mois, le paysage européen a tellement changé que même en continuant de sacrifier au rite diplomatico-mondain les plus traditionnels, les organisateurs du désormais fameux symposium de Davos était condamné cette année à innover. Pour la séance d'ouverture hier soir, c'est le président du Mexique, Carlos Salinas de Gortari qui a ouvert le feu avec un plaidoyer sur le thème : l'économie mexicaine n'est pas ce que vous croyez."

"Un rite diplomatico-mondain traditionnel" 

C’est certainement très réducteur mais cela explique le fait que les médias s’y intéressent jusqu’alors très peu. En 1971, l’économiste suisse Klaus Schwab invite 444 dirigeants d’entreprises dans ce qu’il appelle le "Symposium du management européen". L’idée est alors de diffuser les méthodes de management anglo-saxonnes, essentiellement américaines aux firmes européennes. Pas très excitant pour les médias, c’est évident. Et même si assez vite des dirigeants politiques européens s’y pressent, le symposium reste très technique, trop technique pour intéresser le grand public.

Du changement à la fin des années 1980

Le sommet change de nom en 1987, il devient le "Forum économique mondial", dépassant le cadre européen ou uniquement occidental, on l’a d’ailleurs entendu dans le reportage avec le président Mexicain qui ouvrait le forum en 1990.
Le sommet devient le lien de rencontres des chefs d’Etat et de gouvernement, d’économistes libéraux et de dirigeants économiques, faisant de Davos un terrain où s’inventent les règles de la mondialisation alors triomphante. On raconte que l’accord du libre-échange entre la Colombie et le Canada a été rendu possible en 2011 parce que les négociateurs s’étaient rencontrés à Davos quelques années plus tôt dans le très prestigieux cadre des "Young Global Leaders" de moins de 40 ans sélectionnés par le forum de Davos.

Les ratés de la machine à mondialiser

Mais cette machine à mondialiser, cette gouvernance mondiale a connu des ratés : la crise de 2008 a jeté le discrédit sur ce Davos Man, cet homme de Davos, objet de détestation pour sa promotion sans limite (économique et écologique) de la mondialisation. En s’ouvrant par exemple aux syndicats et aux autres modèles, Davos a su se réinventer et apparaître de plus en plus comme un lieu politique, où les rapports de force s’expriment. On le verra par exemple cette année autour du bras de fer entre les Etats-Unis, de plus en plus protectionnistes et une bonne partie du reste du monde, l'Europe et la France en tête. Et pour l’occasion, Donald Trump viendra en personne, une première venue pour un président américain depuis Bill Clinton en 2000.

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