Histoires d'info. Les beaux perdants : Laurent Fignon échoue si près du but

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Ils ont subi un ou des échecs et ils ont été célèbres. Thomas Snégaroff nous fait revivre les moments les plus épiques de leur vie. Vendredi, le terrible suspense de la dernière étape du Tour de France 1989 où le cycliste Laurent Fignon a perdu la course pour quelques secondes.

Patrick Chêne et Robert Chapatte commentent en direct sur France 2 l'étape finale du Tour de France 1989.

"Laurent Fignon a perdu le tour de France 89 !" Depuis leur position de commentateur, Patrick Chêne et Robert Chapatte n’en reviennent pas. Le décompte est terrible et l’issue fatale pour Laurent Fignon qui ne coupe cependant pas son effort avant la ligne d’arrivée sur les Champs-Élysées. Les organisateurs avaient eu la brillante idée d’organiser un contre-la-montre pour la dernière étape du Tour de France 1989, histoire de mettre un peu plus de folie dans un Tour qui n’en manqua pas.

Dès le prologue, le décor est planté lorsque Pedro Delgado le tenant du titre se présente en retard et perd 2’40" avant même le premier coup de pédale. Laurent Fignon, double vainqueur du Tour en 1983 et 1984 arrive en forme après sa victoire au Tour d’Italie. Quant à Greg LeMond, vainqueur du Tour 1986, on ne sait pas dans quel état il se trouve après son terrible accident de chasse d’avril 1987.

Dans un chassé-croisé sublime dans lequel Laurent Fignon paraît plus fort, mais où aucun n’écrase la course comme plus tard Indurain ou Armstrong, le Français et Greg LeMond se prennent et se reprennent le maillot jaune à partir de la 5e étape. À la veille de l’arrivée, Fignon est en jaune. Son maillot est solidement sur ses épaules depuis L'Alpe-d’Huez et notamment le lendemain lors de sa victoire en jaune à Villard-de-Lans. Avec 50 secondes d’avance, sa victoire finale ne fait guère de doute alors que se profile le contre-la-montre de 24,5 km seulement entre Versailles et Paris, bicentenaire de la Révolution française oblige.

En temps normal, il est inimaginable de voir LeMond reprendre un tel écart. Mais l’Américain est survolté et se sert d’un guidon de triathlète. Quant à Laurent Fignon, il souffre de l’entrejambe sur un vélo traditionnel. La suite, vous la connaissez. Un Tour de France mythique et un perdant sublime, à la chevelure blonde comme le maillot qu’il devra céder à son adversaire. Et une fin de carrière chaotique. Le rêve était passé.

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