Histoires d'info. Le temps où le maire donnait une journée de repos aux élèves de sa commune

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Certains élèves ratent l'école lundi. À cause de la fin des vacances de printemps de la zone C et avant demain, jour férié, des élèves font le pont.

Certains parents ont décidé de ne pas envoyer leurs enfants à l'école ce lundi 30 avril. Il y a quelques temps, le maire de chaque commune avait la possibilité de choisir un jour de congé qui servait, la plupart du temps, à faire le pont entre un week-end ou des vacances et un jour férié. Certains se rappellent quand il y avait la maîtresse qui sortait le carnet de liaison et qui dictait lentement des mots pour  indiquer la journée sans école.

Dominique Baudis, le maire de Toulouse, en 1984 : "Les enfants le savent. Le maire d'une ville a un pouvoir très important : c'est celui de donner une journée de congés chaque année et il doit choisir la date. Alors chaque année, c'est le problème. Quelle date choisir pour cette journée du maire ? On a choisi le lundi 7 mai. Est-ce que c'est une bonne date ?"

Les enfants : "Ouiiiiii !"

Le choix dans la date pour les maires

Cette fameuse journée du maire doit parler à beaucoup d’enfants nés entre la fin des années 1960 et le début des années 1980. La journée du maire a en effet vu le jour à la rentrée 1977. Au départ il s’agissait d’offrir cette possibilité au maire dans un but pédagogique, la journée du maire pouvant s’accompagner d’activités organisées par la commune, hors de l’école. On a aussi vu des maires en profiter pour décréter à leur échelle une sorte de jour férié lié à l’histoire de la commune : par exemple à Oradour-sur-Glane, la journée du maire tombait le 10 juin, en souvenir évidemment du massacre du 10 juin 1944. Des maires communistes avaient également fixé leur journée le 8 mai, au moment où la France avait effacé ce jour férié de son calendrier, c’était entre 1975 et 1981.

La journée du maire, histoire d’offrir un pont aux enfants et à leurs parents

C’est progressivement ce qu’est devenu cette fameuse « journée du maire » au point de la mettre de plus en plus en péril. En 1990, le ministère de l’Education nationale n’y voit plus, je cite, qu’"une journée de vacances supplémentaire". En janvier de cette année-là tombe la mauvaise nouvelle. France Inter, journal de 7h du 26 janvier 1990 : "La journée du maire a fait long feu. Mauvaise nouvelle pour les écoliers et les collégiens, le jour de vacances supplémentaire accordé en cours d'année par les élus locaux va être supprimé. Un nouveau projet de décret est en ce moment soumis à la consultation devant le Conseil supérieur de l'éducation nationale. Pour se consoler, les adolescents pourront aller voir certains films qui leur étaient jusqu'alors interdits, la censure a été abaissée de 18 à 16 ans."

Il ne reste plus aux parents qu’à trouver des excuses pour faire rater l’école à leurs enfants, ou mieux encore, à les envoyer tout simplement à l’école.