Histoires d'info. L'ONU, indispensable malgré son impuissance

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunit en urgence après le dernier tir de missile nord-coréen. Née en 1945, l'ONU est aujourd'hui largement impuissante, mais son existence reste indispensable. 

Cinq jours après avoir décidé de sanctionner, pour la huitième fois, la Corée du Nord, le conseil de sécurité de l'ONU se réunit à nouveau en urgence ce vendredi, après le dernier tir de missile nord-coréen.

Une fois encore l’ONU va condamner. Son Secrétaire général va faire part publiquement de sa consternation face à une action inacceptable. De nouvelles sanctions seront peut-être encore votées. Mais on a le sentiment que le disque est rayé. Que depuis des décennies, l’ONU étale son impuissance face à de grandes crises qui pourtant justifiaient sa naissance, dans les décombres de la Seconde Guerre mondiale.


La Charte de San Francisco précisait en 1945 que le but ultime était de préserver les générations futures du fléau de la guerre, de garantir les droits humains, l’égalité entre les hommes et les femmes, entre les nations, à favoriser la liberté et le progrès, à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l’un avec l’autre dans un esprit de bon voisinage… Et cela en acceptant de privilégier le dialogue via les institutions internationales.

Gelée pendant la guerre froide, impuissante depuis les années 2000


L’ONU n’a pas su ou pu prévenir de grands drames de la deuxième moitié du XXème siècle, à commencer par le génocide rwandais, elle n’a pas pu ou su empêcher les guerres interétatiques ou les guerres civiles. Parce que l’ONU reste dépendante du bon vouloir des nations et en premier lieu des cinq puissances permanentes au conseil de sécurité (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni) qui disposent d’un droit de véto et dont les options géopolitiques sont rarement les mêmes. La guerre froide a gelé l’action de l’ONU jusque dans les années 1990 avant que les jeux de puissance ne lui imposent l’impuissance depuis le début des années 2000. Entre les deux, une décennie où les Etats-Unis ont pu en partie imposer leur agenda à l’ONU.


L’ONU est l’héritière d’un ordre mondial héritée de la Seconde Guerre mondiale. Outil largement rouillé il s’impose cependant comme une exigence à l’ère des risques globaux. C’est le grand paradoxe d’une institution dont Henry Cabot Lodge, premier ambassadeur américain à l’ONU, définissait ainsi les objectifs : "L'ONU n'a pas été inventée pour promettre au monde le paradis, mais pour éviter à l'humanité de vivre en enfer." On mesure son échec à lire cette citation.

Vous êtes à nouveau en ligne