Histoires d'Info. Faut-il un statut officiel pour la première dame ?

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Alors qu'Emmanuel Macron a décidé de créer un statut officiel de première dame pour sortir de "l'hypocrisie" actuelle, revenons sur ces premières dames françaises qui ont marqué l'Histoire.

Le soir de son élection, le couple était main dans la main pour saluer la foule en liesse réunie au pied de la grande pyramide du Louvre. Du début de la campagne au soir de la victoire, Emmanuel Macron a affiché sa complicité avec sa femme Brigitte. Pour intégrer son épouse dans son quinquennat, le président élu veut un statut officiel de première dame pour définir les contours de ce "rôle" qui sont flous en France. Toutefos, le moins que l'on puisse dire, c'est que cela fait très longtemps que la Première dame a une véritable fonction aux côtés du chef de l'État.

"Mère de la patrie"

Pour cette première archive, revenons il y a presque soixante-neuf ans jour pour jour : pour la fête des mères, le 9 mai 1948, la femme d'un président a un message important à faire passer : "aujourd'hui, la fête des mères sera pour les mères françaises une grande espérance. Car pour la première fois, hommes et femmes de tous les pays du monde répondront par delà les frontières à l'appel que l'Organisation des Nations unies lance pour secourir l'enfance en détresse." Il s'agit de Michelle Auriol, la femme de Vincent Auriol, le premier président de la IVème République. Elle est considérée à bien des égards comme la première Première dame, même si elle n'en a pas le titre officiel. 

Dans cet extrait, il faut noter une idée fondamentale et qui ne sera jamais démentie jusqu'à aujourd'hui : le domaine d'action de la Première dame est celui des fonctions "maternantes". Michelle Auriol s'occupa aussi beaucoup de la rénovation du palais de l'Elysée, le modernisant, un peu comme le fera une certaine Jackie Kennedy à la Maison Blanche quelques années plus tard. Aux Etats-Unis aussi, cette fonction est cantonnée à des domaines très précis. La Première dame, c'est en quelque sorte "la mère de la patrie".

Le modèle Mme De Gaulle 

Une chose est sûre, la Première dame ne doit surtout pas faire d'ombre à son président de mari. Pour s'en convaincre, voici les qualités que reconnaissait Anne-Aymone Giscard d'Estaing à l'une de ses prédécesseuses, Yvonne de Gaulle, le jour de sa mort le 8 novembre 1979 : "Pour tous les Français, Mme de Gaulle représente un idéal. C'est une femme dont toute l'existence a été faite de dévouement et de discrétion". Quelques années plus tard, Bernadette Chirac va encore plus loin en précisant que "naturellement, elle doit discrète, cela va sans dire. Elle doit rester strictement à la sa place aux côtés du chef de l'Etat avec une attitude discrète".  

Selon un sondage récent, les deux tiers des Français ne souhaitent pas qu'un statut officiel soit accordé à la Première dame. C'est certainement pour beaucoup le signe de l'attachement à une certaine image de celle-ci, à la fois épouse et femme, ce qui ne nécessite pas un statut officiel à l'américaine.