Histoires d'Info. En 1950, l'homosexualité était présentée comme un problème et les parents d'enfants homos recevaient des conseils

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La Gay Pride se déroule le samedi 24 juin à Paris. Il y a quelques décennies, l'homosexualité était évoquée à la radio française comme un problème et nécessitait des conseils.

Samedi 24 juin, le cortège de la Gay Pride défilera dans les rues de Paris. Un événement qui a réellement débuté en France en 1977 et qui est devenu de plus en plus populaire, surtout dans les années 2000. Cette Marche des fiertés rappelle un temps malheureusement pas si lointain et encore actuel parfois, où l'homosexualité était essentiellement considérée comme un problème.

Revenons en 1950. À cette époque, la grande émission de débat à la radio publique s'appelle Tribune de Paris. Le 6 juin, une émission au titre audacieux et à rallonge est diffusée : "Conseil aux parents pour l'éducation sexuelle des enfants : comment s'adresser aux adolescents". La question de l'homosexualité est évoquée dans cette émission où l'on trouve autour de la table un inspecteur général, un psychiatre, un révérend et une psychanalyste, Françoise Dolto.

Des enfants trop proches de leur mère 

Pour commencer, François Dolto tente d'expliquer les raisons de l'homosexualité. "À propos de l'homosexualité et de la pédérastie, nous remarquons que tous les hommes qui en souffrent ou qui ont cette attitude sont des hommes qui sont fixés affectivement beaucoup trop étroitement à leur mère." Elle délivre alors un conseil aux mères pour qu'elles "n'insistent pas pour savoir où en est leur fils non seulement dans leurs pensées mais dans leur corps." Le présentateur ajoute : "Ce qui compte, [...] c'est que les mères envoient de préférence leurs enfants vers le père pour les explications de ce genre." C'est donc un conseil afin d'éviter que leur enfant ne soit homosexuel.

L'homosexualité, une pathologie psychiatrique 

À l'époque, beaucoup considéraient l'homosexualité avant tout comme une pathologie psychiatrique, au même titre que la schizophrénie ou la dépression. On a pourtant déjà bien progressé depuis Freud. Avant lui et après les travaux de Richard von Krafft-Ebing dans les années 1880, l'homosexualité était une maladie héréditaire, c'est-à-dire acquise dès la naissance. Pour Freud, l'homosexualité n'est pas une maladie mais un comportement pervers. C'est dans cette tradition que s'inscrivent les propos de Françoise Dolto. Il faudra attendre 1992 pour que l'homosexualité ne soit plus considérée comme une pathologie en France. L'idée reste encore cependant trop présente. La Marche des fiertés a aussi pour vocation de prouver le contraire : on est rarement fier d'être malade.

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