Histoires d'info. Emmanuel Macron devant le Congrès américain : un exercice imposé pour un président français

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Emmanuel Macron sera le dixième dirigeant français à prononcer un discours devant le Congrès américain, mercredi. Il évoquera certainement La Fayette.

Sous la Ve République, en dehors de François Hollande, tous les présidents français ont prononcé un discours devant le Congrès américain, soit les deux chambres réunies : la Chambre des représentants et ses 435 élus et les 100 sénateurs.

Un thème obligé : La Fayette et l'amitié entre les deux nations

Pour ceux qui aiment les statistiques, sachez qu’Emmanuel Macron sera le dixième dirigeant français à prononcer un discours devant le Congrès américain : aucun pays n’a été si souvent honoré aux États-Unis. Suivent Israël et le Royaume-Uni, deux autres grands alliés de Washington, avec huit discours de dirigeants. Sachez aussi, pour briller à la machine à café, que le premier dignitaire étranger à avoir prononcé un discours devant le Congrès américain est un Français, André de Laboulaye, ambassadeur de France aux États-Unis. C’était en 1934 à l’occasion de la célébration du centenaire de la mort de La Fayette.

De ce dernier, il y a de grandes chances que Macron en reparle ! Parce qu’à chaque discours, revient une litanie sur la profondeur de l’amitié entre la France et les États-Unis. Il n’y a pas que cela, il y a aussi la défense d’une vision de l’ordre mondial. Le général De Gaulle en 1960, tout comme Georges Pompidou en 1970 ou François Mitterrand en 1984, ont promu dans le cadre de la Guerre froide un dialogue Est-Ouest. Jacques Chirac en 1996 ou Nicolas Sarkozy en 2007, outre un vibrant plaidoyer pour la relation transatlantique, avaient encouragé les États-Unis à faire plus pour le climat ou l’aide au développement.

Des messages ciblés : une vision du monde opposée à celle de Trump 

Après sa rencontre vraiment atypique avec Donald Trump mardi, Emmanuel Macron va retrouver ce que la psychologue américaine Judith M. Bardwick a appelé la  "zone de confort" : un discours bien préparé dans lequel il va pouvoir dérouler face au peuple américain, et aux élus qui les représentent, sa vision du monde. Une vision qui peut paraître aux antipodes de celle du président américain : un monde fait d’interdépendances, permis par l’effacement des frontières commerciales et garantis par une gouvernance mondiale faisant vivre le multilatéralisme porteur de paix et de prospérité partagée.

Les valeurs défendues par Emmanuel Macron ont longtemps été celles défendues par les présidents américains. L’ordre mondial auquel s’accroche Emmanuel Macron est précisément celui construit par les États-Unis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. On mesure alors à quel point la présidence Trump marque une rupture. Et s’il a bien été élu par les Américains, le président Trump incarne un virage idéologique que ne partage pas la majorité des élus, y compris républicains, loin de là.

C’est donc face à un Congrès largement acquis à ses idées qu’Emmanuel Macron va s’adresser et délivrer des messages, subliminaux ou non, à Donald Trump. Des messages qu’il a d’ailleurs commencé à faire passer mardi en dénonçant "le nationalisme agressif", des messages qu’il passera sous les applaudissements du Congrès. Les oreilles de Donald Trump devraient donc siffler...

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