Histoires d'info. Donald Trump contre-attaque et laisse entendre que le FBI a "infiltré" sa campagne

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Le président américain, visé par une enquête du procureur spécial Mueller sur le rôle de la Russie dans sa campagne, tente d'allumer un contre-feu.

Le président Trump a twitté. Jusque-là rien de bien étonnant pour celui qui communique essentiellement via ce réseau social. Mais dimanche 20 mai il a franchi une étape supplémentaire dans la guerre qu’il mène contre l’enquête du procureur Mueller.


Dans ce tweet, le président américain annonce qu'il exige que le ministère de la Justice lance une enquête pour établir si le FBI ou le ministère lui-même a infiltré sa propre campagne en 2016 à des fins politiques, et que si c’est le cas, cette enquête devrait aussi permettre de savoir si "de telles demandes ont été formulées par des gens au sein de l’administration Obama".

Donald Trump s’appuie sur des révélations de la presse, notamment du New York Times (article en anglais) selon qui le FBI a bien demandé à un informateur d’entrer en contact avec deux membres de la campagne de Trump, George Papadopoulos et Carter Page. Et il n’y a rien d’illégal dans la demande d’enquête formulée par le président, il tout à fait le droit le faire.

L'enquête du procureur spécial est "une chasse aux sorcières"

Pourquoi l’ancien directeur de la CIA, de 2013 à 2017, John Brennan, y a vu une attaque très grave contre la démocratie américaine ? Parce qu’on accuse Donald Trump de tout faire pour se sortir de l’enquête du procureur Mueller. Depuis plus d’un an, le procureur spécial Robert Mueller mène une enquête indépendante sur une éventuelle collusion entre la Russie de Poutine, puissance non seulement étrangère mais sous sanction américaine, et la campagne de Trump.

Ce que fait Trump avec ce tweet et, peut-être, cette enquête qui pourrait se lancer lundi, c’est de tenter de faire passer l’idée que l’enquête de Mueller est politisée, que le FBI n’a jamais été indépendant, que l’infiltration de sa campagne en 2016 devait servir les intérêts des démocrates pour empêcher son élection. Et maintenant que Trump est au pouvoir, avec l’enquête de Mueller, ils poursuivent leur travail à des fins idéologiques. Ce qui permet à Donald Trump de se présenter comme la victime d’un complot politique et non comme l’acteur d’une collusion avec la Russie, lui qui ne cesse de qualifier l'enquête de "chasse aux sorcières".

Ce qui effraie Brennan, l'ex-directeur de la CIA, mais aussi l’ensemble de la sphère du renseignement américain, c’est que cette enquête dévoilerait l’identité du fameux informateur du FBI, le mettant en danger.

Deux membres de la campagne Trump dans le viseur du FBI

Le FBI a-t-il infiltré sa campagne en 2016 ? Selon les informations du New York Times, il n’y rien d’illégal dans l’enquête du FBI, qui avait absolument le droit et même le devoir d’enquêter sur George Papadopoulos et Carter Page dont les relations avec la Russie sont en effet très troubles.

Carter Page, est un banquier américain, longtemps basé à Moscou, et qui avait d’ailleurs été approché par les services secrets russes en 2013. Et ça le FBI le savait. Mais surtout, en juillet 2016, alors membre de la campagne de Trump en tant que conseiller aux Affaires étrangères, le même Carter Page s’était rendu en Russie où il avait rencontré, à titre privé selon lui, un vice-Premier ministre russe.

Pour George Papadopoulos, on est presque dans du comique, si ce n’était pas si grave… Le jeune conseiller diplomatique de la campagne Trump se vanta lors d'une "cuite" à Londres en mai 2016 que la Russie avait des éléments compromettant sur Clinton, et cela alerta le FBI. Papdopoulos a eu de multiples contacts avec les Russes entre mai et juillet 2016, et il a été inculpé par Mueller.

Le FBI n’aurait fait que son travail en enquêtant sur Page et Papadopoulos, on est loin d’une infiltration de la campagne de Trump à des fins politiques.

Trump s’active soudainement parce que les Midterm elections (élections de mi-mandat) approchent et que cette enquête l’affaiblit – mais aussi parce que l’enquête avance vite et bien. Samedi 19 mai, on a appris que le 3 août 2016, à la Trump Tower, Donald Trump Jr., fils aîné du président américain, a reçu un émissaire des princes héritiers d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis qui proposait de contribuer à la campagne présidentielle de son père. L’enquête se rapproche du fils de Trump et dépasse le cadre de la Russie. Voilà de quoi énerver le twittos-en-chef.

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