Histoires d'Info. Discours de politique générale devant l'Assemblée : ce qu'il ne faut pas faire

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Edouard Philippe prononce mardi son discours de politique générale devant l'Assemblée. Un passage obligé pour tout nouveau Premier ministre qui s'était montré délicat pour Pierre Bérégovoy, en 1992.

Le Premier ministre Edouard Philippe prononce mardi 4 juillet son discours de politique générale à l'issue duquel il doit obtenir la confiance de l'Assemblée nationale pour son gouvernement. Ce discours traditionnel sous la Ve République, nous en a rappelé un autre particulièrement houleux, peut-être le discours de politique générale le plus chahuté de la Ve République.

Nous sommes en 1992 et Pierre Bérégovoy vient de succéder à Edith Cresson à Matignon. Le 8 avril, à un an d'élections législatives à haut risque pour la gauche, le dernier Premier ministre socialiste du septennat de François Miterrand décide de prononcer un discours de politique générale très offensif : "La France souffre du règne de l'argent fou, comme si tout s'achetait pourvu qu'on y mette le prix. Chômage, insécurité, corruption : voilà les trois fléaux qui démoralisent la société française !" Dans les travées du Palais Bourbon où la gauche n'a plus la majorité absolue, on entend crier "Tapie ! Tapie ! Tapie !" pour viser celui qui est le nouveau ministre de la Ville de son gouvernement. Il faut dire que l'heure est, un peu comme aujourd'hui, à la moralisation de la vie politique. Depuis 1988, des lois ont par exemple réglementé le financement des partis politiques. Et Pierre Bérégovoy est largement reconnu pour son image de probité.

Des menaces lancées par Pierre Bérégovoy

Mais face aux moqueries qui accueillent ses propos, Bérégovoy se montre plus menaçant. Il sort une feuille de papier qu'il présente aux députés en ces termes : "Comme je suis un Premier ministre nouveau mais un homme politique précautionneux, j'ai ici une liste de personnalités dont je pourrais éventuellement vous parler." Ces propos mettent le feu aux poudres et provoquent un tollé. La droite quitte l'hémicycle qui perd en quelques minutes plus de 200 députés !

Voilà une bonne leçon à retenir : il vaut mieux éviter d'employer un ton trop offensant et offensif. On souhaite à Edouard Philippe qu'il ne suive pas l'exemple de Pierre Bérégovoy !

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