Histoires d'Info. De Gaulle, Mitterrand, Chirac : pour qui votaient-ils ?

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Un président de la République qui ne se représente pas, cela n'arrive pas si souvent. A l'approche du vote, qui ont-ils soutenu et comment ? Du silence au soutien du bout des lèvres, retour sur leur posture.

Les présidents qui ne se représentent pas, ont parfois eu des difficultés à apporter leur soutien au successeur de leur propre parti. Par exemple, après avoir procédé par allusions, François Hollande nomme désormais ses adversaires pour la campagne présidentielle : Le Pen et Mélenchon. Pour autant, il n’apporte son soutien à personne en particulier et notamment pas au candidat de son propre parti, Benoît Hamon. Le cas d’un président qui ne se représente pas n’est pas si fréquent que cela. Il y a de Gaulle en 1969, Mitterrand en 1995 et Chirac en 2007.

Le silence gêné de François Hollande 

On pourrait voir en lui un lointain héritier du général de Gaulle. Rappelons le contexte. Fin avril 1969, après l’échec du référendum sur la réforme des régions et du Sénat, le Général de Gaulle démissionne. Immédiatement, son ancien Premier ministre Georges Pompidou se déclare candidat. Le général lui adresse une lettre dans laquelle il écrit : "J'approuve votre candidature… " mais précise plus loin :  "Il va de soi qu'au cours de la campagne, je ne me manifesterai d'aucune façon.Et de fait, on n’entendra pas le Général de Gaulle durant la très courte campagne électorale.

François Hollande se manifeste

Du côté de François Mitterrand en 1995. Souvenez-vous du contexte. À l’issue de la première primaire de l’histoire entre Henri Emmanuelli et Lionel Jospin, le second devient le candidat socialiste en février. Et pendant plusieurs semaines, François Mitterrand reste en retrait. On évoque même dans son entourage un soutien à… Jacques Chirac. Le 13 mars, à six semaines du premier tour, le président clarifie sa position dans une longue interview dans Le Figaro. France Inter y revient : "Depuis ce matin, le Parti socialiste balaye tous les doutes sur la qualité du soutien présidentiel. Pourtant, à aucun moment François Mitterrand n'évoque le programme du candidat Jospin, il va même jusqu'à afficher cette différence : il est contre la réduction du mandat présidentiel à cinq ans. François Mitterrand est très aimable à l'égard de Lionel Jospin : 'Il est capable, dit-il, de cristalliser l'espérance et les réalités de la gauche, capable de créer l'enthousiasme, il peut faire rêver les Français'. Toutefois, dans le contexte de la campagne, le président redevient plus critique et ne distingue pas Jospin des autres candidats : 'Campagne un peu terne' juge-t-il, "Il manque un élan, une idée centrale, une volonté nationale, [...] il n'y a pas de propulseur."

Les socialistes sont soulagés même si le soutien de Mitterrand se fait du bout des lèvres. Il faut dire que Jospin lui-même ne courait pas après le soutien d’un président impopulaire et dont il voulait se démarquer, on se souvient du fameux "droit d’inventaire".

En 2007, Jacques Chirac fait durer le suspense

Il y a d’abord un vrai-faux suspense qui retarde un éventuel soutien à Nicolas Sarkozy, c’est une éventuelle candidature de Jacques Chirac lui-même. Celle-ci est enterrée le 11 mars 2007 mais il précise qu’il se prononcera plus tard sur son choix personnel. Personne n’ignore les relations tendues entre Chirac et Sarkozy, pour les raisons personnelles mais aussi politiques, notamment depuis le ralliement de Sarkozy à Balladur en 1995. Il faudra dix jours, dix longues journées à Jacques Chirac pour enfin annoncer son choix, sans guère d’enthousiasme vous allez l’entendre :  "Cette formation politique a choisi de soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle et ceci en raison de ses qualités. C'est donc tout naturellement que je lui apporterai mon vote et mon soutien."

À l’époque, selon le Canard enchaîné, ce soutien du bout des lèvres trouve son explication. Une journaliste : "Nicolas Sarkozy et l'Elysée démentent les affirmations du Canard enchaîné sur un éventuel accord secret entre le candidat de l'UMP et Jacques Chirac. D'après l'hebdomadaire, les deux hommes auraient convenu qu'en échange du soutien de Jacques Chirac à sa candidature, Nicolas Sarkozy le protégerait, en cas de victoire, de poursuites judiciaires."

On le voit, le fait que François Hollande ne soutienne aucun candidat tout en s’impliquant dans la campagne est atypique. Il lui reste six jours pour devenir, à cet égard au moins,  un président normal.  

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