Histoires d'info. 1987 : François Mitterrand est le premier président à recevoir officiellement des franc-maçons à l'Elysée

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Il ya 30 ans, François Mitterrand recevait officiellement un représentant d'une loge maçonnique à l'Elysée. Lundi 27 février, François Holland répond cette fois à l'invitation du Grand Orient de France, du jamais-vu sous la Ve et même la IVe République.

Un président de la République qui se rend à l’invitation d’une loge maçonnique, c’est du jamais-vu sous la Ve et même la IVe République. C'est un peu comme si l’on avait voulu gommer les liens forts entre la République française et la franc-maçonnerie. Ces liens ne sont pas secrets, ils ne sont pas l’objet d’un fantasme anti-maçonnique, ils sont reconnus par les francs-maçons eux-mêmes, et en particulier, par le Grand Orient de France. À l’occasion de son bicentenaire en mai 1973, son grand maître Fred Zeller, revient sur l’influence de la loge sur la IIIe République : "Tout au cours du XIXe siècle, il est évident que la maçonnerie a joué un rôle excessivement important dans les conseils du gouvernement. Vous savez très bien qu'on ne pouvait pas constituer un gouvernement de la IIIe République sans venir ici chercher les directives."

La IIIe République a été accusée de tous les maux par Vichy, d’être responsable de la défaite militaire face à l’Allemagne nazie. Et donc, par ricochet, c’est la franc-maçonnerie qui est à son tour accusée de tous les maux. Et notamment d’avoir conduit la France dans la guerre, sans y être préparée.

Xavier Vallat, commissaire général aux questions juives, en juillet 1944, s'exprime au micro du journal de la radio de Vichy : "Du jour où l'Allemagne, ayant appelé Hitler au pouvoir par des voies électorales parfaitement régulières, supprima les loges et nous envoya ses Juifs, le Grand Orient décida qu'il n'y aurait pas de paix sur Terre tant qu'Hitler ne serait pas abattu."

Une "institution culturelle importante dans le devenir de la France"

Pendant la guerre, environ 60 000 francs-maçons français seront fichés et un millier sera déporté. Au lendemain de la guerre, les loges sont rouvertes, symbole du retour de la République. Cela étant, la franc-maçonnerie conserve une image sulfureuse, nourrie par la discrétion qui la définit.

En mai 1987, François Mitterrand est le premier président de la République à recevoir officiellement le Grand Orient à l’Elysée, le grand maître Roger Leray met beaucoup d’espoir dans cette invitation : "Je vais le remercier d'avoir reconnu la franc-maçonnerie comme une institution culturelle importante dans le devenir de la France. Elle est encore considérée comme une organisation occulte, subversive. Désormais les francs-maçons ne seront plus considérés comme ils l'étaient naguère."

Trente ans plus tard, lundi 27 février 2017, la visite du président François Hollande, cette fois-ci au Grand Orient, est-elle de nature à définitivement changer l’image de la franc-maçonnerie ?


François Hollande chez les francs-maçons par franceinfo