Histoire d'infos. A la fin des années 90, une France sans profs ?

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Un rapport évoque des démissions toujours rares mais en nette hausse chez les profs. Un malaise des profs qui faisait déjà la Une des journaux il y a 25 ans.

Les profs qui quittent le navire ou qui ne veulent pas y monter, et voilà qui vient totalement contredire cette petite musique selon laquelle les profs seraient tout le temps en vacances et travailleraient trop peu durant la semaine.

Heureusement, il y a des profs compétents et heureux devant leurs élèves, mais la perspective d’une désaffection pour le métier d’enseignant a quelque chose d’angoissant. France 3 : "Juin 1997 : ces jeunes gens sont en train de plancher sur une épreuve comptant pour le Capes. En cas de réussite, ils deviendront enseignants. Vous avez bien vu. En tout et pour tout, il n'y a que quatre candidats dans cette salle. 58 dans toute la France, pour des centaines de postes à pourvoir. Autant le dire, en France, il n'y a plus de profs."

Enorme crise de recrutement en 1997 ?

Non. c’est une émission d’anticipation qui date d’août 1992 et qui traduit donc les angoisses du début des années 1990. La fin des années 1980 et le début de la décennie suivante sont en effet marquées par une prise de conscience du malaise enseignant.

En 1989, Michel Rocard, alors Premier ministre, prononce des mots qui semblent avoir été prononcés ce matin : "La France a un problème avec son école. Trop d'élèves sortent sans vraie qualification, trop de parents sont inquiets et puis des enseignants mal à l'aise dans leur métier, mal rémunérés. Ça fait au moins une trentaine d'années que les gouvernements laissent se dégrader la situation et des conditions de travail que je sais tout à fait insuffisantes."

Ce malaise ne se traduit pas alors par des vagues de démissions mais par une crise de recrutement renforcée par l’envolée du nombre d’élèves au lycée qui fait que dans certaines matières, on ne parvient plus à recruter assez de profs…

Il n’y aura pas en 1997 de France sans prof !

Le nombre de candidats augmente de manière impressionnante dans les années 1990, en raison peut-être de la meilleure formation, avec la création des IUFM ; avec également pour le primaire l’alignement du salaire des instits sur celui des profs du secondaires ; mais aussi et peut-être surtout en raison de la brusque remontée du chômage qui pousse des jeunes à chercher la sécurité de l’emploi.

Mais depuis le début des années 2000, le nombre de candidats s’effondre littéralement et, en 2016, jamais autant de postes n’ont pas trouvé preneurs. Ce malaise enseignant pose problème, pour eux bien sûr,  pour les élèves, mais aussi et, il faudra bien se poser la question, pour le niveau des nouveaux professeurs recrutés. 

Vous êtes à nouveau en ligne