Histoires d'info. "La sidérurgie lorraine a un avenir", Georges Pompidou (1972)

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Cela fait bien longtemps que l’Etat s'affaire au chevet de la sidérurgie lorraine. Finalement impuissant, il a accompagné la disparition d'une activité industrielle qui a façonné la région. 

Il y a près de 45 ans, le président Georges Pompidou est en déplacement officiel à Metz, et si le grand dossier d’avenir c’est l’autoroute Paris-Metz, l’A4, on ne peut déjà mettre de côté les difficultés de la sidérurgie : "La Lorraine a su et saura réagir, grâce à l'énergie de son peuple, à la capacité de ses travailleurs et des dirigeants économiques. Grâce aussi, je l'affirme, à l'aide de l'Etat. Ce qu'on appelle crise de la Lorraine, est en fait un immense effort de modernisation et de reconversion qui commence à porter ses fruits et qui garantit l'avenir."

Une promesse de l’État qui n’abandonnera pas la sidérurgie lorraine déjà en difficultés. Parler d’avenir a cependant de quoi surprendre. Dans les années 1960, le nombre de mineurs avait été divisé par deux pour se stabiliser à un peu moins de 15 000 gueules jaunes, et bientôt 10 000 au milieu des années 1970.

Un manque de compétitivité 

Le problème demeure la compétitivité des mines de Lorraine en raison notamment de la faible teneur en fer des minerais que l’on trouve dans la région, et qui d’ailleurs leur a valu le surnom peu flatteur de “minette”.

L’État agira en effet : le 20 septembre 1978, l’État prend le contrôle des sociétés sidérurgiques et annonce bientôt 21 000 licenciements (dont 7 800 à Longwy qui bien avant Florange fut le lieu symbolique de la crise de la sidérurgie lorraine). C’est le début de plusieurs mois de lutte sociale. Patrick Poivre d'Arvor sur Antenne 2 en janvier 1979 : "C'est tout une région qui s'est mobilisée aujourd'hui pour défendre son emploi menacé. La Lorraine était sur le qui-vive aujourd'hui. La grève générale de 24 heures décidée par les syndicats a été très très suivie dans les secteurs les plus touchés, c'est-à-dire la sidérurguie et les houillères, s'est terminée par une grande manifestation à Metz à laquelle a participé François Mitterrand."

La nationalisation ne garantit pas l'emploi 

L’espoir des nationalisations décidées par François Mitterrand en 1981 ne résistera pas longtemps au tournant de la rigueur. Malgré les grandes déclarations sur la modernisation des mines de Lorraine, en mars 1983, le Républicain Lorrain titre: "La Lorraine trahie". Le gouvernement annonce 8 500 suppressions d'emplois dans la sidérurgie lorraine qui s'ajoutent aux 16 200 perdus depuis 1982.

Plus de quatre décennies après les promesses de l’État, sans plus aucune mine de fer active et avec un seul haut fourneau, à Pont-à-Mousson, la sidérurgie lorraine appartient désormais largement aux livres d’histoire.


"La sidérurgie lorraine a un avenir", Georges... par franceinfo

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