Guerre d'Algérie (5) : La difficile marche vers l'indépendance

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Lorsque de Gaulle en appelle à l'article 16 de la Constitution, le Putsch des Généraux est maté. L'OAS prend le relais en fomentant des attentats aussi bien en Algérie qu'en France métropolitaine, mais les partisans de l'Algérie française doivent se rendre à l'évidence, l'indépendance aura lieu. Après huit ans de guerre, il est temps de commencer le long travail de cicatrisation des plaies.

En avril 1961, la toute jeune Ve République se trouve gravement menacée. En Algérie, en réponse à la politique d'abandon de l'Algérie française du gouvernement, les généraux Challe, Sallan, Zeller et Jouhaux appuyés par une partie des militaires de carrière s'emparent du pouvoir à Alger.

C'est ce que l'on appelle le Putsch des Généraux

Putsch et attentats n'entravent pas la marche vers l'indépendance 

Face au danger, le général de Gaulle décide de mettre en application l'article 16 de la Constitution. Avec l'accord du Premier inistre, des Présidents des Assemblées ainsi que du Conseil constitutionnel, il se voit confier les pleins pouvoirs pour une durée de six mois. C'est à la télévision qu'il l'annonce aux Français.

"Un pouvoir insurrectionnel s'est établi en Algérie par un pronunciamento militaire".

L'effet est immédiat. Les Putschistes sont mis en minorité et sont soit arrêtés, soit en fuite. L'OAS prend alors le relais et les attentats se multiplient. Ils sont perpétrés par l'OAS mais aussi par le FLN aussi bien en Algérie qu'en métropole. Avec la multiplication des attentats frappant les forces de police, la répression contre les Musulmans de France se fait de plus en plus forte. Le 4 octobre 1961, un couvre-feu est même décidé à leur encontre à Paris. C'est contre ce couvre-feu que les Algériens de France décident de manifester le lendemain. Des dizaines de milliers de personnes défilent pacifiquement. Et si le lendemain la radio française ne fait état que de deux morts, la réalité est toute autre. 

La réalité, c'est une terrible répression sous les autres du préfet de Police de Paris, un certain Maurice Papon. Onze mille Algériens sont arrêtés et l'on ne compte pas deux, mais près de deux cent morts parmi eux.

 

Des négociations difficiles qui finissent par déboucher sur l'indépendance

Les négociations pour l'indépendance de l'Algérie se heurtent un temps à la question du Sahara mais elles finissent par aboutir le 19 mars 1962 avec la signature d'un cessez-le-feu à Evian. Dans un climat d'anarchie, de tensions entre factions du FLN et d'attentats de l'OAS qui tente par tous les moyens de les empêcher de quitter l'Algérie, les premiers Pieds Noirs quittent une terre sur laquelle ils vivaient souvent depuis des décennies pour regagner la métropole. Les harkis, ces combattants musulmans du côté français sont  pris au piège et des dizaines de milliers d'entre eux payeront de leur sang le prix de leur abandon par Paris. Le 3 juillet 1962, les Algériens se prononcent à une écrasante majorité pour l'indépendance. La question algérienne n'est plus une question de politique intérieure. C'est maintenant du domaine des affaires étrangères.

Après huit ans de guerre et un demi million de morts essentiellement côté algérien, l'Algérie, mais aussi la France peuvent commencer à panser des plaies qui restent ouvertes aujourd'hui encore.