De Gaulle et les commémorations du Débarquement, une histoire tumultueuse

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En 1945, puis en 1964, le général de Gaulle a brillé par son absence, très politique, sur les plages normandes, le 6 juin.

Le 75e anniversaire du débarquement en Normandie est l’objet de très grandes cérémonies, mercredi 5 juin en Angleterre et jeudi 6 juin en France, en présence de nombreux chefs d’États et de gouvernements. Une cérémonie très politique, comme c’est le cas depuis le quarantième anniversaire en 1984, qui marquait la première présence d’un président américain, Ronald Reagan, aux côtés de François Mitterrand. Mais une cérémonie bien plus ancienne a marqué l'Histoire.

Le 6 juin 1945...

Le 6 juin 1945 est le premier anniversaire du débarquement, que l’on commémore à Arromanches en présence d’officiels britanniques, alors même que la guerre n’est pas encore finie sur le front du Pacifique. Cette commémoration est le signe qu’immédiatement, le 6 juin 1944 – et l’on s’en doutait – est considéré comme une date historique, le "commencement de la fin de la guerre".

...sans le général de Gaulle

Mais il y a une absence très remarquée, c’est celle du général de Gaulle. Il a été mis au courant de l’opération Overlord deux jours avant le débarquement, le 4 juin, quand Churchill l’invita à le rejoindre dans son train spécial qui lui servait de QG à Portsmouth. La discussion fut très orageuse, De Gaulle refusant de rencontrer le président américain Roosevelt pour évoquer la France d’après-guerre, rappelant qu’il n’était pas question qu’il prête allégeance devant un chef d’État étranger dont les soldats allaient débarquer avec des Francs imprimés aux États-Unis, enterrant de fait l’indépendance nationale. Alors le 6 juin 1945, le général de Gaulle ne se montre pas. C’est ostensiblement le 10 et le 11 juin qu’il se rend en Normandie.

Bis repetita le 6 juin 1964

Le général de Gaulle tiendra exactement la même ligne lors du vingtième anniversaire du débarquement le 6 juin 1964. Revenu au pouvoir entre-temps, le général de Gaulle, pour les mêmes raisons qu’en 1945, ne se rend pas aux commémorations du 6 juin, leur préférant celles du débarquement en Provence, le 15 août. Un débarquement qui, pour lui, avait l’avantage d’avoir été mené par une majorité de troupes françaises, dirigées par de Lattre de Tassigny.

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