"C'est fabuleux et c'est pour demain" (1990), le téléphone portable débarque

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"C'est fabuleux et c'est pour demain !" disait-on en 1990 Mais dès le départ, des loges de Roland Garros aux salles de restaurant, se pose la question de la discrétion des téléphones portables cette invention qui submerge le monde. De fait, 20 ans plus tard, alors que s'ouvre l'annuel Mobile World Congres, si l'innovation galope, les nuisances liées à leur utilisation demeurent...

Alors qu'il présente le journal d'Antenne 2, le 18 mars 1990, Daniel Bilalian fait monter la pression et l'attente chez les téléspectateurs. Pour cause, ce qu'il va leur présenter apparaît comme étant encore un objet de science fiction et pourtant, cette innovation va bientôt déferler sur le monde et reléguer les vieilles cabines téléphoniques au rang de pièces de musées.

Le téléphone portable. 

"Dans un avenir tout proche [on aura] un téléphone, pas plus grand qu'une télécommande de téléviseur, et avec lequel vous pourrez appeler partout et de n'importe où, c'est fabuleux et c'est pour demain !"

Fabuleux, certes. Mais pourtant, en 1990, ce n'est pas la première fois que la téléphonie quitte les cabines et les maisons. Les plus anciens se souviendront certainement de l'expérience Radiocom 2000 lancée en 1986. Pouvant intégrer 15 numéros en mémoire et disposant d'un "petit clavier très pratique pour numéroter", ce combiné permettait de téléphoner dans le monde entier depuis sa voiture.

Aussi, ce qui change en 1990, c'est que désormais, c'est de la rue que l'on peut appeler et recevoir des appels, à une condition, celle d'être à proximité d'une borne Pointel. Ces téléphones Bi-Bop sont ainsi de véritable cabines téléphoniques portables.

On n'arrête pas le progrès ! Au début des années 1990, on peut téléphoner de la rue, mais pas que. En 1991, durant une quinzaine bien connue des amoureux du tennis, les premières critiques à l'égard de la téléphonie mobile apparaissent. De fait, le nec plus ultra semble être de passer ses appels depuis les tribunes du Court Central de Roland Garros au grand désespoir des joueurs et des autres spectateurs, ulcérés par les sonneries stridentes des appareils.

L'expérience Bi-Bop, la mise en place du réseau Itinéris... La téléphonie mobile en France se développe de façon exponentielle. Cependant, il reste moins rapide qu'en Italie ou au Royaume Uni car les Français voient dans le téléphone portable un signe extérieur de richesse et une source d'agacement qui dépasse (et de loin !) les loges de Roland Garros.

Le 29 novembre 1994, le Téléphone Sonne de France Inter est ainsi consacré aux nuisances du téléphone portable. Figurant parmi les invités, le directeur de France Telecom Mobile prouve qu'il en est tout à fait conscient :

"On est au CP du téléphone portable, il faut apprendre à s'en servir ! Au restaurant, c'est un peu ridicule ! "

Mais les utilisateurs ne sont pas les seuls à être en plein apprentissage, les fabricants le sont aussi. Pour leur permettre d'être plus discrets arrive sur le marché une nouvelle génération de téléphones équipés du mode vibreur, une véritable révolution.

Le mode vibreur, le répondeur, option au départ payante... Vingt ans plus tard, tout cela paraît bien loin et les innovations d'alors ne peuvent que nous faire sourire et peut-être nous permettre de mesurer l'accélération du progrès technique.

Mesurer la vitesse du progrès technique et découvrir les toutes dernières innovations, c'est exactement le but du Mobile World Congres, le plus grand rendez-vous mondial du secteur de la téléphonie mobile qui ouvre aujourd'hui et pour quatre jours à Barcelone 25 ans après la tenue de la première édition.

Mais si le progrès est indéniable et l'innovation galopante, dans les lieux publics, il apparaît parfois que l'éducation à la téléphonie mobile a été moins rapide qu'on l'espérait il y a une vingtaine d'années.